26/03/2011

Cerdagne - L’Hôpital Transfrontalier de Cerdagne en stand-by

Depuis quelques semaines, les travaux à l’Hôpital Transfrontalier de Cerdagne sont arrêtés. Les rumeurs les plus folles ont gagné le plateau cerdan et la population s’interroge sur le coup d’arrêt de cet hôpital, fer de lance du Projet Européen de Santé de la Cerdagne. Explications avec les élus, le député François Calvet et le conseiller général Georges Armengol.

En Cerdagne, on ne parlait que de ça et la rumeur est allée très vite surtout quand on sait que la santé est un sujet ultra-sensible dans les hauts-cantons : les travaux à l’Hôpital Transfrontalier de Cerdagne sont arrêtés pour cause de non paiements des factures du côté de l’Etat français. Pas faux mais provisoire.

Des travaux très avancés

Quand la construction de l’Hôpital Transfrontalier de Cerdagne a débuté, la Generalitat de Catalunya a été désignée comme maître d’ouvrage du projet afin d’accélérer la mise en œuvre opérationnelle. A Puigcerda, les travaux ont donc commencé depuis plus d’un an et sont désormais très avancés. Le bâtiment, imposant, est sorti de terre mais uniquement avec l’argent de la Generalitat, 18 millions d’euros, la France finançant quant à elle 12,4 millions d’euros.

Phase de transfert

Le député François Calvet explique « Aujourd’hui, nous sommes dans une phase de transfert de la maitrise d’ouvrage de la Generalitat au Groupement Européen de Coopération Territoriale (GECT) qui vient d’être officiellement installé ». Juridiquement, ce transfert va permettre à la France qui avait l’argent sur un compte, de le transférer au GECT. Cette phase de transfert  demande la suspension des travaux durant environ un mois. « Les travaux sont simplement suspendus, la France a 3 millions d’euros à payer aux entreprises, ce qui va se faire très rapidement et les travaux vont reprendre leur cours sous peu » indique encore François Calvet. La construction est financée jusqu’à fin 2011, ensuite, il sera demandé une subvention de 18,6 millions d’euros à l’Europe qui ira au GECT, seul vrai titulaire de la subvention. Cela servira entre autre, à financer les 8 millions d’euros d’équipements hospitaliers ultra-sophistiqués.

Des problèmes majeurs subsistent

L’Hôpital Transfrontalier de Cerdagne devrait ouvrir ses portes en 2012 mais pour autant, les questionnements de toute une population sont liés à cette ouverture. Le conseiller général Georges Armengol, par ailleurs membre du conseil consultatif du futur hôpital, tout comme François Calvet, recueille quotidiennement les doléances des administrés Cerdans et Capcinois « Comme pour toute initiative expérimentale, les questions qui paraissent souvent évidentes sont toujours à l’ordre du jour concernant le positionnement des Français dans un hôpital situé à l’étranger. J’ai fait remonter les problématiques au député F. Calvet et à l’ARS». En effet, des problèmes majeurs subsistent : comment faire pour qu’un enfant qui naît à l’Hôpital Transfrontalier de Cerdagne puisse être déclaré dans sa commune de domiciliation et non hors de France, comment une personne qui y décède peut-elle être transférée en France sans être transportée dans un cercueil zingué qui interdirait par la suite une incinération, comment traiter le cas difficile de décès de nouveau-nés, comment envisager que le personnel français, médecins et infirmiers puissent garder le statut social français et avoir un nombre de places réservées ? « Je n’oublie pas le problème d’accès à cet hôpital totalement décentré par rapport à la population permanente et aux touristes et par rapport aux activités accidentogènes liées aux sports d’hiver » dit encore Georges Armengol.

Si les travaux reprennent bientôt, on sait que ces interrogations opérationnelles, si elles ont été aplanies, restent malgré tout à résoudre.

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Les travaux vont être suspendus un mois à l’Hôpital Transfrontalier de Cerdagne, en raison de la mise en place tardive du Groupement Européen de Coopération Territoriale. La reprise du chantier n’empêche pas de se poser de nombreuses questions concernant les Français qui naîtront ou décèderont à Puigcerda, donc sur le sol étranger.

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