16/07/2012

Cerdagne - Llivia - La Lybica, bière artisanale de Cerdagne

1 Josep Pous au-dessus du réservoir.jpgEn ces temps de grosse chaleur, on se désaltèrerait bien avec une petite « mousse ». Mais pas n’importe laquelle : la Lybica, bière made in Cerdagne est toute recommandée !

L’ancien maire de Llivia, Josep Pous, a mené les affaires de l’Enclave espagnole pendant près de 10 ans. Depuis qu’il a quitté la municipalité, il s’adonne à une activité artisanale, que lui considère comme un passe-temps : la fabrication de la bière.

Apprentissage en Autriche

Depuis maintenant deux ans, Josep Pous passe son temps à la zone artisanale de Llivia. Là, dans sa brasserie, il fabrique la Bière de Cerdagne, la Lybica, ancien nom romain de Llivia. Cela fait toutefois presque 10 ans qu’il en fabrique, au tout début de l’expérience à Puigcerda. Mais il n’a pas appris sur le tas, car une telle fabrication demande un certain apprentissage. « Je suis parti en Autriche et là-bas, j’ai appris véritablement à faire de la bière avec un Maître brasseur » nous dit Josep Pous. Si l’année dernière, il ne faisait de la bière qu’en fûts, au vu de la renommée prise par la bière cerdane, depuis quelques mois Josep fait de la mise en bouteille, de 33cl.

D’une belle couleur dorée

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Josep Pous, inventeur de la Bière de Cerdagne, La Lybica. © F. Berlic

Josep, juché au-dessus de ces grands réservoirs nous explique la fabrication de la Lybica, bière blonde à la belle couleur dorée. « A chaque fois que je fabrique de la bière, je fais 150 litres dans une machine qui est un accumulateur de chaleur. On y met de l’eau avec du malt. Il y a tout un procédé de mise à température alterné de repos. On filtre pour enlever le malt, puis on met à ébullition à 95°, on y ajoute le houblon puis tout est stocké dans un réservoir de fermentation avec de la levure pendant 24h pour passer de la température de 95 à 24°. Puis on change de réservoir pour abaisser encore la température jusqu’à 4° ». Et là, on peut la mettre en bouteilles… manuellement ! Car ici, Josep maîtrise toute la chaîne de fabrication.

Un goût à part

 « Je faisais cette même bière à Puigcerda et le goût est complètement différent. L’eau consommée à3 La Lybica.jpg Llivia vient du Puigmal. La bière est très bonne, avec une saveur entre fruitée et amère. Bien sûr le goût est très différent par rapport à une bière traditionnelle. C’est de la bière blonde à haute fermentation » explique encore Josep. En tout cas, notre catalan a réussi son coup puisque la Lybica a déjà sa petite renommée. Elle est sur les cartes des bars, restaurant et commence à être vendue à Carrefour Market de Bourg-Madame. On peut même l’acheter sur place. Julia Lybica était connue à l’époque romaine pour ses jambons de grande renommée, elle le sera dorénavant pour sa bière !

Contact : lybica@lybica.info. Adresse : Llivia, zone artisanale, 28 avingut de països catalans (face à la jardinerie).

26/09/2011

Haut-Conflent - Fontpédrouse-Thuès : voyage au centre de la terre

Chaque année à pareille époque, le Groupement de la Vallée de la Têt de la SHEM GDF SUEZ fait ce qu’on appelle un arrêt-vallée. Les galeries d’amenée, vidangées font l’objet d’une visite pointue.

Les galeries d’amenée d’eau du Groupement de la Vallée de la Têt font rarement l’objet de visites si ce n’est de la part des employés. Nous avons eu le privilège de visiter ces galeries. En cette période de l’année, plus une goutte d’eau n’est turbinée dans les centrales hydro-électriques. Les installations sont vidangées. Le but : faire la visite et l’expertise de l’état du génie civil pour faire des travaux immédiats selon l’urgence ou les prévoir l’année suivante.

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Les turbines de l’usine de Fontpédrouse vues de dessous

Près de 30 kms de galeries

Qui aurait pu penser que, longeant la RN116, de Fontpédrouse à Thuès, se trouvaient des kilomètres de galeries creusées par l’homme au début des années 1940 ? Un travail exceptionnel à la hauteur des ouvrages d’art visibles en extérieur tels que ponts et tunnels. Tout a été construit dans la même optique : faire rouler le Train Jaune (opérationnel en 1910) même si en 1946, l’énergie produite servait en plus, à l’électrification des villages de la Vallée de la Têt. La trentaine de kms de galeries dimensionnées en fonction des débits que l’on veut emmener, varie de 3m3 à 7m3/seconde d’eau.

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Antonella Quadri et Hervé Carmelez vérifient la paroi des galeries

Construites dans les années 1940

Partis de l’usine de Fontpédrouse en compagnie d’Hervé Carmelez, chef de Groupement Vallée de la Têt et Antonella Quadri, conducteur de travaux de Génie Civil également du Groupement, la visite est exceptionnelle. On ressent à chaque pas, le travail de ces hommes il y a 70 ans, avançant à coup de dynamite dans le schiste. Les traces des rails sur lesquels reposaient les wagonnets remplis de déblais du percement sont encore visibles au sol. « Ce qui m’étonnera toujours, c’est la qualité exceptionnelle de l’ouvrage » nous dit Antonella. Employée au groupement de la Têt depuis 2000, elle connaît chaque centimètre carré des galeries, des usines et des barrages et consacre ses journées à l’entretien des installations.

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5,3 km de galeries entre Fontpédrouse et Thuès

3 à 4 semaines de travaux

De nombreux ouvrages jalonnent les galeries : déversoir, ouvrage de réglage, syphons, pont-canal, prise d’eau et au bout de la galerie de la branche Têt, l’impressionnante chambre d’eau de Thuès d’où part une conduite forcée2 - la chambre d'eau de Thuès.jpg. « Il faut 3 à 4 semaines de mise hors d’eau en fonction de l’ampleur des travaux. Les usines hydro-électriques ne fonctionnent pas et paradoxalement, c’est la période de la plus forte activité et tout le personnel est réquisitionné. On a même du renfort de l’atelier spécialisé de Laruns qui fait les grosses réparations » nous dit encore Hervé Carmelez.

Un plus pour les entreprises locales

La politique de la SHEM GDF SUEZ reste inchangée quant à l’impact voulu sur l’économie locale. Ainsi, les travaux annuels de génie civil sont-ils réalisés par une vingtaine d’entreprises locales. « Le montant des travaux s’élève à plusieurs centaines de milliers d’euros » précise Antonella. Un plus non négligeable pour les entreprises spécialisées de la Vallée de la Têt et de Cerdagne. L’eau turbinée à chaque usine, terminera dans le barrage de Vinça, propriété du Conseil Général. Cette fois-ci, l’eau sera uniquement utilisée pour l’agriculture de la plaine roussillonnaise.

légende générale : Une fois par an, l’arrêt-vallée, avec la vidange et la visite des installations concerne les aménagements de La Cassagne, Fontpédrouse, Thuès et Olette. Le Groupement de la vallée de la Têt a une capacité de production de 200 Gw/h annuels.

04/06/2011

Cderdagne - Font-Romeu -Congrès de la Fédération Départementale de la Pêche : des avancées et des questions

Cette année, c’est à Font-Romeu que se tenait le congrès annuel de la Fédération des Pyrénées-Orientales pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique. Les représentants de nombreuses associations de pêche départementales étaient présents pour écouter rapport moral, rapport d’activités et questions diverses.

Le Casino de Font-Romeu accueillait le monde des pêcheurs du département. Le président de la Fédération René Patau, originaire de Cerdagne, était particulièrement ravi de la tenue de ce congrès en « ses terres » et remerciait Gilbert Arnaud, président de l’AAPPMA de Font-Romeu et son équipe pour la qualité de l’organisation de la journée.

Les orientations de la Fédération

Il est ressorti du congrès que les missions de la Fédération, en plus de celles confiées par la loi (protection des milieux aquatiques et valorisation de la pêche associative de loisir) doivent s’étoffer davantage. Dorénavant, il faut améliorer et structurer la Fédération de Pêche pour qu’elle puisse remplir ses missions, parfaire les capacités scientifiques de la pêche associative,  valoriser ce savoir, et organiser le schéma national de développement du loisir pêche.

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Les cartes de pêche par internet

Le développement du loisir pêche passe par la vente de la carte de pêche par internet. « En France, seuls trois départements la pratique depuis 2010 : l’Aude, l’Ariège et notre département. Nous sommes un test au niveau national » dit René Patau. Même si le dispositif est quelque peu contraignant, la vente de carte par ce biais s’est avérée très positive. Qui dit nouvelle carte, dit contrôle du nouveau système. Aussi, une organisation efficace a-t-elle été mise en place pour le contrôle des pêcheurs. Le choix de la Fédération s’est porté en 2009, sur une association des gardes particuliers, présidée par Robert Munier.

La protection du milieu aquatique

Les chantiers visant à restaurer la continuité écologique des cours d’eau (en application du grenelle de l’Environnement), mis en œuvre par l’Etat impliquent la consultation de la cellule technique de la Fédération de Pêche. Dans le département, 20 ouvrages sont concernés pour lesquels Olivier Baudrier de la FDPPMA66 apportera une aide technique. S’il est un sujet délicat à traiter, c’est bien la gestion quantitative de l’eau et des débits réservés. En Cerdagne particulièrement, les prises d’eau effectuées côté français pour alimenter les canaux espagnols sont de vrais problèmes « C’est grave, mais ça dépasse la fédération et même les élus locaux » nous dit René Patau. Problème sans doute évoqué à Madrid où se tiendra, sur ce thème, la Commission Internationale des Pyrénées, les 6 et 7 juin prochains.

Un futur pôle départemental

Pour le président René Patau, « il faut désormais préparer l’avenir. Nous avons en projet de créer un pôle départemental pêche et milieu aquatique à Millas, regroupant sur un même site, le siège social, le Pôle Départemental d’Initiation Pêche Nature avec une mare pédagogique et quatre plans d’eau ». On pourra y découvrir les milieux, les espèces, flore ou faune, le tout sous la houlette d’animateurs spécialisés. Un des quatre plans d’eau servirait à la pêche sportive « si chère aux pêcheurs de Cerdagne et Capcir. Ainsi, ils pourraient pêcher toute l’année au lieu de six mois par an » dit encore René Patau

La réflexion entamée par la FDPPMA66 dans le but de coordonner les activités de la Fédération et de faciliter la mobilisation des élus bénévoles, est de proposer une organisation reposant sur un service technique (eau, milieux aquatiques et environnement), et un service développement du loisir pêche.

A l’issue du congrès, le président René Patau et Jean-Louis Demelin, maire de Font-Romeu se remettaient mutuellement la médaille de la Fédération et la médaille de la ville.

Deux grands thèmes de prédilection ont été traités durant le congrès, à savoir l’organisation future de la Fédération et la vente des cartes par internet. Mais la protection du milieu aquatique et la gestion transfrontalière de l’eau ont fait partie des questions posées par le public.

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de g à droite : André Buscail, vice-président FDPPMA66, Jean Pierre Abel, maire de Bolquère, Gérard Manié, ONEMA Chef du Service Départemental des P.O., Albert Pares, secrétaire général FDPPMA66, Suzanne Délieux, conseillère régionale et maire de Porta, René Patau, président FDPPMA66, Pascal Jobert, chef du Service Eau et Risques de la DDTM 66, Olivier Baudier, directeur technique FDPPMA66, Jean-Louis Demelin, maire de Font-Romeu, Gilbert Arnaud, président AAPPMA Font- Romeu – Carlit, Pierre Bataille,  conseiller général et M. Loupès, ONF.

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René Patau, président de la  FDPPMA66 et Jean-Louis Demelin, maire de Font-Romeu

27/05/2011

Cerdagne - Capcir - Tous à vos cannes : samedi c’est l’ouverture de la pêche en lac !

Enfin, c’est le grand rendez-vous des pêcheurs en lacs et surtout ceux situés en montagne ! Pour beaucoup, taquiner le poisson en ces lieux a un parfum particulier. Cette année, en raison de la température printanière très douce, la quasi-totalité des lacs est dégelée donc pêchable.

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Le matériel est prêt depuis longtemps. Tous espèrent une journée clémente pour cette ouverture que les inconditionnels de la pêche ne rateraient pour rien au monde. Pour les lacs d’altitude, certains auront même affronté une nuit en altitude la veille pour avoir la primeur de lancer l’appât sur une eau lisse comme un miroir. La canne à pêche, les appâts naturels ou les leurres, la canastrella, l’attirail est fin prêt pour les plus aguerris et adeptes de la pêche sportive, spécialité du département. D’autres, plus tranquilles en profiteront pour transmettre leur savoir-faire à leurs enfants ou petits enfants. Car cette journée est avant tout conviviale.

Une pêche très réglementée

ouverture de la pêche en lac ce samedi 3.jpgSuivant le mode de pêche choisi, la pratique se fera dans des lieux différents. Sur les lacs du groupe Carlit, le Soubirans et la Coumasse, au Petit bleu du groupe Péric, de la Llose du groupe Aude et du Canard et du Grand supérieur des Camporeills, la pêche est autorisée uniquement à la mouche fouettée et en No Kill (poisson pêché et relâché délicatement).

Taille minimum portée à 25 cm

Le nombre de prises par sortie de pêche (y compris de plusieurs jours) est fixé à huit dans tous les plans d’eau. Concernant la taille du poisson, une modification importante dans la réglementation spécifique des lacs de montagne est intervenue. Elle a porté la maille légale de capture à 25 cm (au lieu 23) pour les salmonidés et pour les Critivomers, la taille reste à 35 cm.  Concernant les truites du lac des Bouillouses (où la pêche est ouverte tous les jours) la taille est limitée à 30 cm. Ne pas respecter la réglementation peut tout simplement fragiliser l’équilibre naturel et la politique mise en œuvre par la Fédération de Pêche du département. Les gardes du Conseil Supérieur de la Pêche seront là pour veiller à toute infraction.

900 kg de truites

Dans la perspective de satisfaire les attentes de nombreux pêcheurs des déversements de truites seront effectués sur les Parcours Pêche de Loisirs. Des truites arc en ciel à Matemale (300 kg), au Passet (100 kg), au plan d’eau d’Osséja (100 kg), au plan d’eau du Ticou (100 kg), au plan d’eau de Saillagouse (100 kg), à l’étang Long d’en Bas (100 kg) et 100 kg de fario à Puyvalador.

Ce sont donc 900 kg de truites qui seront déversées pour l’ouverture et au total 3 110 kg pour la saison avec des dates à retenir : 18 juin, 9 juillet et 6 août.

Bonne pêche à tous, bonnes prises et respectez le poisson !

N.B. la quasi-totalité des lacs est dégelée. Un petit doute subsiste sur le Petit Bleu et l’Etang de la Grave.

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Le grand jour est arrivé pour les pêcheurs en lacs de montagne. Si les années précédentes de nombreux lacs d’altitude étaient encore gelés, l’ouverture 2011 réserve aux pêcheurs un espace plus important puisque la douceur enregistrée depuis deux mois a occasionné un dégel anticipé. Une aubaine pour les accrocs de ce loisir enfin retrouvé comme ici aux Bouillouses ou au lac de Matemale.

23/04/2011

Cerdagne - Natacha Salles, chargée de mission au Contrat de Rivière du Sègre

Originaire de la Vallée de Luchon, Natacha Salles occupe un poste de chargée de mission durant un an à la Communauté de Communes Pyrénées Cerdagne dans le cadre du Contrat de Rivière du Sègre. Nous l’avons questionnée sur sa mission.

Quel est votre formation universitaire ?

Je suis diplômée de Sup Agro de Montpellier. Je suis ingénieur en agronomie, spécialisée en gestion de l’eau. J’ai fait plusieurs stages où j’ai élaboré un projet sur l’ASA de Gignac concernant la problématique de l’eau. J’ai suivi un autre stage au Mexique et enfin en Normandie à la Chambre d’agriculture.

Depuis combien de temps êtes-vous en Cerdagne et quelle est votre mission ?

Je suis au Contrat de Rivière du Sègre depuis fin février et pour un an. Je suis chargée de mission « gestion quantitative ». La gestion de l’eau est une grosse problématique sur le territoire.

Quels sont justement ces problèmes liés à l’eau ?

Il y a en fait des périodes de sécheresse sévères en Cerdagne. Le SDAGE (Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion de l’Eau) qui agit au niveau du bassin Rhône Méditerranée pointe la Cerdagne comme un territoire prioritaire pour mener des actions sur le déficit quantitatif. L’objectif donné par la Directive Cadre sur l’eau est de rapidement mettre en place ces actions.

Quels sont les leviers d’action pour mieux gérer cette ressource ?

Il faut essayer d’améliorer la gestion, qu’il y ait une meilleure concertation entre tous les acteurs pour préserver l’eau et avoir des prélèvements optimisés. La première chose est de faire absolument des travaux sur les canaux. Beaucoup sont vieux et les fuites sont importantes. Mon rôle est donc de faire des demandes de subvention pour engager des réparations. J’apporte donc un appui technique et administratif à ceux qui gèrent les canaux (les ASA, particuliers, mairie) et organise une concertation avec les acteurs.

Il faut également coordonner les prélèvements…

Oui et d’ailleurs je vais faire un plan de gestion des différentes rivières de Cerdagne pour avoir une meilleure cohérence entre tous, par exemple en mettant en place des tours de prélèvement d’eau entre les différents périmètres irrigués.

Avez-vous commencé votre action sur le terrain ?

Oui, j’ai commencé par le Bassin de l’Angoustrine. Egalement, en ce moment, un travail porté par l’Agence de l’Eau étudie les volumes prélevables. Cette étude déterminera équitablement le volume en eau attribué aux différents usages.

Cette étude va concrètement déboucher sur quoi ?

Quand cette étude des volumes prélevables sera sortie, on devrait aboutir à un plan de gestion concerté de la ressource à l’échelle de la Cerdagne, tout en incluant la dimension transfrontalière du territoire.

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Dans un pays aussi vert, le déficit en eau est étonnant..

Pourtant, c’est le cas malgré la neige et la pluie printanière. L’eau est une denrée très précieuse ici. Peu de gens en ont conscience et pourtant il faut vraiment la gérer au mieux car un jour, elle fera peut-être défaut.

Propos recueillis par Frédérique Berlic

Natacha Salles sera pendant un an en Cerdagne pour mener des actions sur la gestion quantitative de l’eau. Soumise à des périodes de sècheresse sévères, la Cerdagne est un territoire prioritaire dans les actions d’amélioration de la gestion de l’eau.

13/04/2011

Cerdagne - Osséja - Début de la saison de pêche pour les jeunes cérébro-lésés de l’IME

Alors que la neige brille toujours au sommet des montagnes, les jeunes pêcheurs motivés de l’IME le Joyau Cerdan section Les Isards sont prêts à reconduire leur cinquième année de pêche consécutive. En effet, ces jeunes qui ont subi un grave accident de la circulation ou autre accident de la vie (AVC, tumeur…) répondent présents à l’appel des lacs de Cerdagne et du parcours aménagé de Latour de Carol. Il est évident que les secteurs éloignés et moins fréquentés offrent de meilleures chances. Les belles vallées cerdanes, difficiles d’accès cachent d’importantes populations de truites. Mais ces jeunes adultes ne se découragent pas devant la difficulté et deviennent au fil du temps des pêcheurs de plus en plus expérimentés.

Responsables et respectueux

Dans cet espace de liberté, chaque jeune pêcheur apprend à être responsable et respectueux de la nature, des autres pêcheurs et de la réglementation en vigueur avec un seul mot d’ordre « Gardons la pêche » ! Cette activité proposée à un groupe de 7 à 8 jeunes est encadrée depuis 2007 par Manu Roth éducateur à l’IME Les Isards à Osséja.  Ce projet est mené à bien chaque année grâce à la motivation, à la détermination et au courage de ces jeunes, mais aussi grâce à l’aide de la fédération d’Handipêche et la participation active d’Emmanuel Josende qui aide dans les démarches pour l’obtention des permis de pêche.    

Les jeunes pêcheurs restent à l’écoute d’éventuelles questions. Pour tout contact : isards@perlecerdane.com

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Sept pêcheurs ravis d’aller taquiner la truite dans les lacs et cours d’eau de Cerdagne. Une activité menée pour la 5e année consécutive et qui leur permet de « garder la pêche ».

 

21/03/2011

Cerdagne - Dans les entrailles du Barrage des Bouillouses

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Le Barrage des Bouillouses est centenaire. Construit de 1906 à 1910, c’est un ouvrage magistral construit en moellons de granit. Il est l’objet de toutes les attentions et surveillé quotidiennement par une équipe de la Société Hydro-électrique du Midi. Nous l’avons suivie au cœur du barrage.

En été comme en hiver, le Barrage des Bouillouses doit être accessible. Tous les 15 jours, au minimum en hiver, une équipe vient de l’usine hydro-électrique de La Cassagne repérer si des désordres ne sont pas intervenus dans l’imposant ouvrage. C’est avec une chenillette amphibie canadienne que la montée (sportive!) se fait, de l’usine des Aveillans jusqu’au site des Bouillouses. L’endroit, grandiose l’été est encore plus majestueux l’hiver. Le Péric et le Carlit sont pris dans une tempête de neige et le lac, entièrement gelé, donne une impression d’immensité. Il est aussi très bas. « C’est normal, c’est la période des lâchures. Mais il y a une hauteur à respecter, 2 mètres minimum, pour alimenter Font-Romeu en eau potable, favoriser les ponctions pour les canons à neige et également assurer la sauvegarde piscicole, en l’occurrence, la truite arc-en-ciel des Bouillouses » nous dit Richard Brinon, contremaître d’exploitation à la Cassagne et en charge de la sécurité du barrage. Après une visite extérieure du site, c’est l’immersion dans le cœur même du barrage, un centenaire bien en forme.

Un barrage qui vit

cerdagne,angoustrine,barrage des bouillouses,société hydroélectrique du midi,shemLe personnel de la SHEM, Richard Brinon et Hervé Carmelez, chef de groupement de la Vallée de la Têt sont intarissables sur l’eau en général et le barrage en particulier. Mais comme tous ceux qui ont eu la chance de rentrer dans les galeries du barrage, ils sont toujours aussi admiratifs du travail effectué par les ingénieurs du début du 20e siècle. Cependant, ce barrage poids (qui résiste à la poussée de l’eau par son poids d’où son nom) est soumis à une multitude de contrôles. Dans le puits central, des appareils de mesure qui semblent archaïques, sont d’une justesse redoutable : un pendule direct et un pendule inversé permettent de mesurer le déplacement amont et aval du barrage. « Il est de l’ordre de quelques millimètres, dû aux taux de remplissage et aux amplitudes thermiques» nous dit Richard Brinon. C’est ce qu’on appelle un barrage vivant ! Les piézomètres quant à eux, sont installés dans les fondations et mesurent la sous-pression, danger majeur qui guette les barrages poids.

L’eau pour qui ?

Le barrage a été construit en deux étapes, surélevé de 1945 à 1948 pour en augmenter la capacité. A cerdagne,angoustrine,barrage des bouillouses,société hydroélectrique du midi,sheml’intérieur du barrage, la répartition de l’eau s’effectue par deux conduites : celle de diamètre 500 alimente en eau potable Font-Romeu et un piquage sert aux canons à neige, la conduite diamètre 1000, alimente la centrale des Aveillans et turbine jusqu’à Villefranche. « A l’origine, c’est la Compagnie du Midi, décidant d’électrifier des lignes de chemin de fer de montagne des Pyrénées qui gère le barrage ainsi que l’usine de la Cassagne. Tous deux sont destinés à alimenter le Train jaune. L’eau du barrage sert également à l’irrigation de la plaine du Roussillon » rappelle Hervé Carmelez. Un gros effort de colmatage a été entrepris.  Déjà dans les galeries qui longent le barrage de part en part puis à l’intérieur du parement amont où une bâche Carpi a été installée. L’eau est une denrée précieuse, ce n’est pas à ces chasseurs de fuites qu’on l’apprendra !

 

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A droite, la conduite alimentant Font-Romeu.     

 

Quelques chiffres :

1ere phase, 1910 : longueur de 252 m, crête déversoir à 2013 NGF, capacité 13 millions de m3. 2eme phase, 1945 à 1948 : longueur 364 m, crête déversoir à  2016,16 NGF, capacité 17,5 millions de m3. Le barrage se remplit deux fois par an. Alimentation en eau potable de Font-Romeu : 500m3/heure pour un volume maximum de 1 160 000 m3/an. Alimentation des canons à neige : 1500 m3/heure pour 540 000m3 par saison (soit 2% de la capacité x2 du barrage)

 

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Le barrage des Bouillouses pourvoie Font-Romeu en eau potable et assure le fonctionnement des canons à neige de la station de ski. Achevé en 1910, surélevé 35 ans plus tard, sa construction en moellons de granit est remarquable. Il est bourré d’électronique, et chaque désordre est enregistré, analysé sur place mais aussi à l’usine de la Cassagne, grâce à la télésurveillance, à Toulouse et même Grenoble. Un centenaire sous haute garde, très rarement ouvert aux visites.