27/08/2012

Cerdagne - Angoustrine- Le feu du Pic Péric est fixé mais de très nombreuses reprises signalées

C’est à plus de 2000m d’altitude que les services d’incendie se trouvent depuis deux jours pour lutter contre un incendie qui a ravagé près de 100 ha sous le Pic Péric, dans le secteur des Bouillouses.

 

cerdagne,angoustrine-villeneuve-les escaldes,incendie au pic Péric,lac des bouillouses,sécurité civile

Placée risque très sévère d’incendie depuis le 17 août, la Cerdagne fait face à son 10e feu en l’espace de 15 jours. Après Guils, Porté-Puymorens, Saillagouse, Bolquère, les Angles, c’est au tour d’Angoustrine-Villeneuve-Les Escaldes de rallonger la liste des incendies estivaux. Cette fois, c’est en altitude que le feu s’est déclaré, à 2100m sous le Pic Péric, à côté de l’étang de l’Esparver. Deux jeunes campeurs, malgré les nombreuses mises en alerte départementales, ont fait une grillade qui leur a échappé vendredi en début d’après-midi. Un acte qui risque de leur coûter cher. Vendredi, deux trackers et deux canadairs étaient sur site pour enrayer l’incendie très difficilement accessible par les véhicules de pompiers.

 

cerdagne,angoustrine-villeneuve-les escaldes,incendie au pic Péric,lac des bouillouses,sécurité civile

 En effet, de nombreux petits massifs rocheux empêchaient toute progression en directions de certains foyers. La sècheresse extrême qui sévit en ce mois d’août a largement facilité la propagation du feu à l’herbe « pailleuse » et aux pins qui peuplent ce véritable écrin naturel. Hier matin, la forte tramontane a occasionné de très nombreuses reprises même si l’incendie était maîtrisé.

 

cerdagne,angoustrine-villeneuve-les escaldes,incendie au pic Péric,lac des bouillouses,sécurité civile

100m de front de reprise.

Vendredi, au plus fort de l’incendie, 65 pompiers étaient sur site. Ils étaient encore une quarantaine samedi, venus en priorité de Cerdagne et Capcir mais aussi de tout el département. Au barrage des Bouillouses où le PC était installé, de nombreuses personnes assistaient au ballet incessant de l’hélicoptère de la Sécurité civile chargé acheminer du matériel aux endroits les plus inaccessibles. Il a également déposé 17 pompiers du Détachement Intervention Héliporté 66 au plus près du feu, notamment sur le flanc gauche particulièrement actif. Un hélicoptère bombardier d’eau (le HBE 66) est venu en renfort des deux canadairs qui ont effectué de nombreuses rotations. « La météo n’est pas clémente car après la très forte tramontane qui nous a obligé à traiter une centaine de mètres de front de feu, le brouillard a fait son apparition, nous n’avons donc plus de visuel sur site » expliquent Wilfried Rigal, commandant les opérations de secours et le colonel Salles-Mazou, directeur du SDIS66. 

cerdagne,angoustrine-villeneuve-les escaldes,incendie au pic Péric,lac des bouillouses,sécurité civile

Un canot à moteur faisait même des allers- retour sur le lac des Bouillouses pour acheminer du matériel. Sur les lieux de l’incendie, c’est la désolation, les pins sont racornis par le feu et des crépitements soudains indiquent de très nombreuses reprises à venir.

 

cerdagne,angoustrine-villeneuve-les escaldes,incendie au pic Péric,lac des bouillouses,sécurité civile

 

Les canadairs font de nombreuses rotations pour noyer les foyers attisés par la tramontane. Photo : F. Berlic. reproduction interdite.

Hier soir, au vu de l’évolution de la météo et de la montée du brouillard, les équipes se sont mises en sécurité et restaient attentives à tout regain d’activité de l’incendie, sachant que les aéronefs, sans aucune visibilité ne pouvaient plus intervenir.  Il faudra sans doute une semaine pour arrêter définitivement les reprises.

cerdagne,angoustrine-villeneuve-les escaldes,incendie au pic Péric,lac des bouillouses,sécurité civile

De nombreuses reprises dans les pins à crochets. photo : F. Berlic. reproduction interdite.

13/09/2011

Cerdagne - Porta – Latour de Carol - Le feu maîtrisé mais pas encore éteint

Le feu qui a détruit 150 ha de forêt sur les communes de Porta et Latour de Carol « était maîtrisé dès dimanche matin. Mais les nombreuses reprises de foyers ont nécessité la présence de 300 pompiers.

cerdagne,latour de carol,porta,incendie,feu de forêt,sdis,pompiers,centre de secours et d'incendie,alat,sécurité civile

Le feu qui a ravagé la forêt de conifères et feuillus entre Porta et Latour de Carol a peu évolué dans la nuit de samedi à dimanche. Frédéric Lhomme, chef des opérations dès samedi soir indique « Le feu n’est pas préoccupant car nombre de lisières sur les parties avant du feu ont pu être traitées. Trois hectares supplémentaires ont brûlé mais nous restons très vigilants car qui dit feux de montagne dit feux qui couvent ». Ce sont donc 300 pompiers qui combattaient les flammes ou étaient en renfort hier. La moitié de l’effectif provenait du département, une centaine d’hommes venaient de la Sécurité Civile de Brignoles, un colonne de 60 pompiers de l’Hérault et une vingtaine d’Ariège.cerdagne,latour de carol,porta,incendie,feu de forêt,sdis,pompiers,centre de secours et d'incendie,alat,sécurité civile

Encore des moyens aéroportés

Dès samedi après-midi, les Catalans quittaient la Cerdagne, appelés sur un feu en Espagne à Manresa. Dès lors, dimanche, le seul appui aérien provenait du Détachement d’Intervention Héliporté de la sécurité civile. Le commando du feu était emmené sur les reprises par les Pumas de l’EEALAT du Cannet des Maures, aidés efficacement par l’ALAT du Centre de Vol en Montagne de Sainte-Léocadie (en photo à droite : le capitaine Eric Lacambre, commandant la base de Sainte-Léocadie). A noter que le buldozer de la Sécurité civile a ouvert une piste de 500m pour permettre l’établissement de grandes longueurs et faire la jonction avec le DIH.

Cette zone de montagne étant peu accessible, les pompiers étaient sur les lieux de l’incendie toute la nuit et pour plusieurs jours encore.

 

cerdagne,latour de carol,porta,incendie,feu de forêt,sdis,pompiers,centre de secours et d'incendie,alat,sécurité civile

De nombreuses reprises de feu étaient visibles toute la journée de dimanche (photo 1). Les pompiers ont œuvré toute la nuit et dès le matin 6h pour éteindre les foyers persistants. Ici deux femmes du centre de secours de Saillagouse, à droite Jessica et à gauche Laura pour qui le feu de Porta était la 1ere intervention. Un joli baptème du feu !

11/09/2011

Cerdagne - Plus de 300 pompiers français et espagnols ont lutté contre un important incendie de forêt

Environs 150 ha sont partis en fumée sur les communes de Latour de Carol et Porta. Des moyens aériens d’envergure ont été engagés dès le départ du sinistre a priori d’origine accidentelle.

cerdagne,latour de carol,porta,sdis,codis,canadairs,dash,pompiers,centre de secours,sécurité civile,centre de vol en mpontagne,alat,eealat

Le spectacle de l'incendie. le feu a ravagé 150 hectares à l'endroit  même où un incendie s'était déclaré il y a 25 ans, en septembre 1986. 400 hectares avaient brûlé.

De très importants moyens terrestres et aériens ont été engagés sur le feu de forêt le plus important du département cette année.  C’est vers 16h, vendredi, que l’alerte était donnée par un habitant de Quès, hameau de Latour de Carol. Très vite les pompiers de Cerdagne et Capcir étaient sur site ainsi que les hélicoptères bombardiers d’eau catalans (HBE) venus de Gérone et Barcelone. La conjonction des trois paramètres, température élevée, végétation très sèche et dénivelé important a été  la cause d’une propagation extrêmement rapide du feu.

Contenu la nuit

A 20h, l’intervention des canadairs venus de Marignane, des trackers, d’un DASH et des avions bombardiers d’eau était interrompue par la nuit. Il n’y avait que les hommes au sol pour combattre le feu qui s’est propagé sur deux grands fronts après que le vent ait subitement tourné. Une équipe spécialisée en contre-feu du SDIS était alors hélitreuillée par le Dragon 66 de la Sécurité Civile. Alexandre Trani chef de colonne jusqu’à samedi matin espérait que le feu se calme durant la nuit « Nous avons allumé des feux tactiques et demain matin nous attendons une attaque aérienne massive ». Effectivement, le samedi matin grâce au travail remarquable des pompiers, le feu était contenu. Cependant, on devait déplorer six blessés heureusement sans gravité parmi les combattants du feu.

320 pompiers mobilisés

Le samedi dès 7h, les HBE catalans pompaient sans relâche l’eau de la carrière de Quès pour lâcher à chaque largage, de 700 à 1000 litres d’eau. Des centaines de rotations incroyables effectuées par des catalans qui n’avaient pas l’intention de laisser repartir les dizaines de foyers encore fumants. Quatre canadairs de Marignane et deux trackers intervenaient à leur tour. Mais le vent se levait vers 11h, laissant craindre une reprise des braises. Finalement, ce sont 320 pompiers dont 80 espagnols qui étaient sur site pour arrêter coûte que coûte cet incendie qui avait atteint la crête espagnole.

Le DIH opérationnel

En fin de matinée, le Détachement d’Intervention Héliporté (DIH) entrait en opération « Deux hélicoptères Puma et une Gazelle de l’Ecole d’Application de l’Armée de terre de Cannet des Maures dans le Var ont héliporté en tête de feu, une unité complète de Brignolles. 30 militaires ultra spécialisés ont pour mission d’allumer des feux tactiques pour protéger la ligne de crête. Ils étaient il y a peu à Fukushima » précisent le commandant Graffeille du DIH et Emmanuel Moulard, directeur du cabinet du préfet. Rajoutons que dès 16h vendredi, l’ALAT de Sainte-Léocadie, prévenue par la Direction militaire départementale a prit une part active lors des secours en accueillant et ravitaillant à la base les hélicoptères espagnols, les hélicoptères de Cannet des Maures et le Dragon 66.

Il y a 25 ans presque jour pour jour

Les habitants de la vallée du Carol avaient l’impression de revivre le même drame qu’il y a 25 ans. Il faut dire qu’en septembre 1986, un incendie provoqué par la foudre avait détruit plus de 400 ha au même endroit. « Ce qui part en fumée, c’est les plantations que nous effectuées depuis 1989. L’ONF a fait quatre tranches de travaux avec la plantation de 12 000 plants, alizée blanc, pins à crochets, mélèzes, bouleau. C’est une catastrophe» nous dit Jacques Volle, agent patrimonial de la forêt de Latour de Carol.

Heureusement, cette fois-ci, les moyens aériens ont été déployés en nombre et rapidement, ce qui n’avait pas été le cas en 1986.

Encadré

Un combat franco-catalan

Les pompiers Catalans et Français ont uni leurs efforts pour combattre ce feu spectaculaire. Près de 80 pompiers catalans sont venus prêter main forte à leurs homologues.  Concernant les aéronefs, on a pu compter 3 hélicoptères bombardiers d’eau venus de Barcelone et Gérone, 25 véhicules venant de Cerdagne espagnole, de Barcelone et Tarragone. « Pour contourner l’obstacle de la langue, un coordinateur bilingue a été envoyé par l’Espagne. Il est demeuré dans un hélicoptère de commandement tout au long des opérations. A terre, dans chaque secteur où l’on trouvait conjointement les deux nationalités, un chef bilingue était désigné » dit Carlos de Pablos, commandant les opérations espagnoles.

 6 - le fau depuis le PC.jpg

Des moyens importants ont été déployés dès vendredi après-midi. Les trackers ont largué du retardant (photo 1) et les canadairs ont effectué de nombreuses rotations (photo 2) tout comme les hélicoptères bombardiers d’eau espagnols (photo3). Toute la nuit, la forêt a continué à s’embraser (photo 4 et 5) mais 320 hommes étaient sur site le samedi matin pour stopper ce sinistre dont la cause demeure encore inconnue. Les gendarmes de la communauté de brigades de Bourg-Madame et Saillagouse étaient sur place pour recueillir des indices.

photos : F. Berlic

1 - tracker.jpg

 Les trackers ont largué du retardant

2 - canadair.jpg

Quatre canadairs de Marignane ont largué à chaque passage 6000 litres d'eau chacun. Ils ont rechargé au Lac de Matemale et ont été opérationnels vendredi et samedi.

11 - feu.jpg

Le feu s'est déclaré vendredi 9 septembre vers 15h45. Il a ravagé en deux jours, 150 hectares.

10 - canadair 1.jpg

Intervention de canadairs.

9 - hélico 2.jpg

Les hélicoptères bombardiers d'eau (H.B.E.) venus de Gérone et Barcelone ont accompli un travail remarquable et ont permis au feu de ne pas prendre plus d'ampleur au tout début du sinistre.

4 - le feu au-dessus de Quès.jpg

L'embrasement des pins. L'incendie au-dessus du hameau de Quès vendredi soir.

3 - hélico espagnols.jpg

Les H.B.E. espagnols venaient faire le plein d'eau à la carrière de Quès. Un ballet incessant pour sauver la forêt cerdane.

8 - pompiers devant le feu.jpg

Le P.C samedi matin.