17/02/2009

Cerdagne : La Retirada en Cerdagne : sur des nouveaux chemins de mémoire

on passe devant les camps.jpgIls sont nombreux à avoir répondu à l'appel d'une commémoration de la Retirada en Cerdagne. Enfants de l'exil et de l'exode, Cerdans, élus.. Dans un même élan de fraternité mais également d'un devoir de mémoire, ils étaient là, sur le quai de la gare internationale, à attendre, venus symboliquement par petit train jaune, les membres de l'association Fils et Filles de Réfugiés et Enfants de l'Exode et même des lycéens d'Auxerrle discours des officiels.jpge. Soudain, les drapeaux républicains ont claqué, résonnant des pleurs et des gémissements des enfants, femmes, blessés échoués il y a 70 ans sur les quais glacés de cette même gare. Serge Barba, président de FFREEE dans son discours évoquait les conditions climatiques extrêmes dans lesquelles les réfugiés sont arrivés ici en Cerdagne et contenus dans des champs enneigés durant plusieurs semaines. Et en présence de Pierre Jordy, maire d'Enveitg, Marcel Peytavi, maire de Latour de Carol, Georges Armengodévoilement.jpgl, conseiller général, et  Jean-Louis Alvarez, vice-président du conseil général et lui-même fils de républicains, une plaque était dévoilée, commémorant ainsi le passage de 60 000 réfugiés espagnols par la Cerdagne.

« Les prés de la mort »

Mais le moment le plus émouvant, ce fut l'arrêt du long cortège devant « ces prés de la mort », qualifiés ainsi par les réfugiés en février 1939. Dans ces champs en dévers, rien n'a vraiment changé, pas même la hauteur de neige dans laquelle on frémit d'imaginer des femmes accompagnées d'enfants, parfois enceintes ou à l'aube de leur vie ou des hommes blessés agonisant dans les bras de leurs compagnons. Et pourtant, c'était la réalité, il y a 70 ans. Après cet instant de recueillement, un apéritif fort copieux accueillait les nombreux participants dans la salle polyvalente de Latour de Carol. Ils  pouvaient également découvrir l'exposition  "La Retirada en février 1939, la Cerdagne se souvient". Après le visionnage de films inédits sur les camps de Cerdagne, la lecture de poèmes et les témoignages de réfugiés, il était temps pour tous de repartir, qui sur la plaine, qui en Cerdagne ou Capcir. Mais tous se souviendront de ce moment d'union autour de cet événement qui a marqué pour toujours l'histoire de notre département.

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13/02/2009

Cerdagne : 70 ans après, la Cerdagne s'apprête à rendre hommage aux Républicains espagnols

samedi 14 février, l'association FFREEE franchit une étape supplémentaire en célébrant une journée commémorative dans un des seuls lieux du départements où rien n'avait  encore été fait : la Cerdagne

Enveitg-Latour de Carol. Février 1939. Sous les coups de butoir des rebelles franquistes,  60 000 républicains espagnols franchissent la frontière pour venir se réfugier en Cerdagne française. L'heure de la Retirada a sonné. Fuyant le péril fasciste, enfants, femmes, vieillards et divisions de combat de l'armée républicaine arrivent en « terre amie » où rien n'a été préparé pour eux. L'accueil se fait dans les champs qui deviennent des camps du malheur, de la souffrance, du froid, de la faim et du désespoir. Comment résister sous des températures négatives une nuit avec pour seule protection, une maigre couverture et comment alors survivre plusieurs semaines dans ces champs en dévers ceinturés par des tirailleurs Sénégalais, gendarmes mobiles, soldats et autres dragons à cheval ? Eh bien certains n'y résisteront pas, morts de froid dans les bras de leurs compagnons, après avoir combattu, les premiers, le fascisme européen émergeant.  La Cerdagne (et ses 8000 habitants) voit sa population sextupler en 10 jours. Actes de solidarité et de mépris s'enchevêtrent, les uns soutenant leurs familles venues de la Cerdagne espagnole voisine et tous ces pauvres hères, les autres exécrant ces « Rouges » qui méritaient bien leur statut d'indésirables. Enfants, femmes et vieillards sont évacués vers de nombreux départements français.  Les combattants et notamment les anarchistes de la 26e division ex colonne Durruti, inaugurant ce statut d'indésirables car considérés comme extrémistes et dangereux sont tout d'abord enfermés dans la citadelle de Mont-Louis dans des conditions extrêmes avant d'intégrer le camp du Vernet d'Ariège. Le lieu de tous ces mouvements de départ a été la gare d'Enveitg-Latour de Carol. C'est pourquoi, symboliquement, pour les 70 ans de la Retirada, l'association FFREEE a décidé avec les communes d'Enveitg et Latour de Carol, de rendre hommage aux Républicains en ce lieu.

Programme :

12h15 arrivée du train jaune en gare d'Enveitg-Latour de Carol

12h30 : prise de parole et dévoilement d'une plaque sur le quai de la gare

13h30 pique-nique salle polyvalente de Latour de Carol

14h30 projection d'un documentaire, témoignages et poèmes à la salle polyvalente

et exposition La Retirada en février 1939 La Cerdagne se souvient

17h30 retour en autobus pour les participants inscrits au train jaune

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Pont de Llivia                                              Réfugiés devant la gare de Latour de Carol

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Les familles devant la gare