27/04/2012

Cerdagne - Font-Romeu - Hauts cantons : la casse du climatisme continue

En pleine période électorale, on apprend la fermeture possible du Pôle Emploi Santé Font-Romeu. C’est la colère et l’angoisse du côté du conseil municipal et des personnels concernés.

Les années 90 puis les années 2000 ont été celles du démantèlement du secteur climatique en Cerdagne, Capcir et Haut Conflent. Orchestré par les politiques de santé publique successives, ce démantèlement a vu non seulement les différentes maisons d’enfants fermer une à une mais aussi et surtout les lits médicalisés transférés à prix d’or vers les grands centres urbains au détriment d’un juste aménagement du territoire et de l’emploi dans nos Hauts Cantons. Au milieu des deux tours de l’élection présidentielle, c’est le coup d’estoc avec l’annonce possible de la fermeture des deux maisons d’enfants réunies, Castel-Roc et Les Petits Lutins (désormais SAS Font-Romeu Pôle Santé).

Lettre ouverte aux candidats à la présidentielle et élus

Un temps sonné par cette annonce, le conseil municipal de Font-Romeu a décidé d’adresser une lettre ouverte aux candidats à l’élection présidentielle, députés, sénateurs, président de Région et présidente du département. « En cette période où le pays tout entier débat, dialogue, réfléchit à son avenir et au chemin à suivre pour les années à venir. Dans tous les discours, au centre de toutes les inquiétudes apparait le domaine économique et en particulier l’emploi. Aujourd’hui, nous apprenons avec stupéfaction et colère l’ultime coup porté à notre économie de montagne : la SAS Font-Romeu Pôle Santé s’apprêterait à être démantelée et ses lits médicalisés arrachés à la Cerdagne pour être redéployés. Cette structure fermerait purement et simplement ses portes et ses employés seraient reclassés dans un territoire couvrant la France entière voire l’Italie ou la Belgique !» s’insurge le maire Jean-Louis Demelin.

Les écoles et l’économie locale menacées

La pilule est bien dure à avaler d’autant qu’en retirant des écoles, collège, lycée les 80 enfants reçus dans les maisons médicalisés auxquels s’ajoutent les 44 enfants à charge des familles travaillant dans ces structures, ce sont à nouveau des fermetures de classes, des suppressions de postes (alors que la commune en a déjà subi 3 dans les 4 dernières années), effectifs en baisse en perspective. L’école-collège de la Forêt de Via fonctionnant uniquement avec ces enfants malades fermerait purement et simplement ses portes entrainant la mise au chômage d’une dizaine d’autres emplois.

Des rumeurs et des mensonges.

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Le personnel de la SAS Font-Romeu Pôle santé s’est réuni, fort inquiet des possibles mesures de fermeture des deus maisons d’enfants réunies, Castel-Roc et les Petits Lutins.

Quant aux représentants du personnel de la SAS Font-Romeu Pôle santé, issue de la fusion entre les deux établissements, Castel-Roc et les Petits Lutins, ils n’en sont toujours pas revenus de ces mensonges à répétition. « La fusion des deux maisons est effective depuis le 1e janvier 2011, et s’est faite, selon nos directions, afin de pérenniser la structure, les emplois et faire face à diverses décisions d’instances sanitaires ». Or des rumeurs d’achat de la SAS Font-Romeu Pôle santé par un grand groupe (société ORPEA en l’occurrence) se sont faites de plus en plus pressantes et le 24 avril, le personnel du pôle santé que l’établissement avait été supprimé du Plan Régional de Santé. « Si la société ORPEA achète 80 lits, ce n’est pas pour les laisser en Cerdagne, mais pour les délocaliser, laissant ainsi 70 salariés et familles sur le carreau » s’indigne le personnel.

Devant l’urgence de la situation et pour éviter une nouvelle saignée économique dans les Hauts Cantons, une réunion publique se tiendra sur ce sujet le jeudi 3 mai 15h à Font-Romeu (esplanade de l’office de tourisme).

07/06/2011

Cerdagne - L’école catalane La Bressola en sursis

Les parents d’élèves de la Bressola de Caldégas attendaient l’annonce officielle de la fermeture de l’école. Le directeur des écoles de la Bressola est venu, contre toute attente, leur annoncer que Caldégas repartait pour an. C’est peu, mais suffisant pour surseoir à la décision d’une fermeture définitive.

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Arrivé directement de Perpignan, Joan Pere Le Bihan était attendu avec anxiété voire découragement par les parents d’élèves de la Bressola. Depuis février, ils s’étaient faits à l’idée que « leur » Bressola » allait grossir la liste des suppressions d’écoles et de classes notifiées pour la rentrée prochaine. C’était quasiment certain, « à 80%, malheureusement » avait annoncé Joan Pere Le Bihan. Pourquoi maintenant, joan pere le bihan.jpgalors que la situation financière des écoles de la Bressola est équilibrée depuis deux ans ? « Parce qu’en raison de la crise, la Generalitat de Catalunya a baissé ses subventions de 20% et que le Ministère de l’Education nationale a supprimé des postes dans tout l’Hexagone ». La conséquence financière pour l’année prochaine est sans appel : il manque 20 000€ pour que fonctionne l’école de la Bressola à Caldégas. Restait une entente entre politiques des deux côtés de la Cerdagne pour sauver l’école.

Il faudrait un miracle

Jusqu’à lundi, Joan Père Le Bihan est des plus pessimistes. Jeudi dernier, la réunion entre Georges Armengol, conseiller général et le maire de Puigcerda, n’avait pas permis de rassembler les fonds nécessaires pour maintenir l’école. « Ce qu’il faut, c’est un miracle pour que la Bressola ne ferme pas » annonçait le directeur des écoles. Peut-être existe-t-il une sainte patronne de la Bressola car dans la journée de lundi, tout est allé très vite : le maire de Puigcerda mettait sur la table 10 000€, Georges Armengol lui emboitait le pas et proposait 3000€. A 17h, il manquait encore 7000€ que le fondateur de la Bressola Miquel Mayol amenait de justesse. « J’ai appris la nouvelle sur la route de Cerdagne. J’ai moi-même apporté 1000€ de ma poche » nous dit Joan Pere le Bihan encore tout retourné.

L’annoncer aux parents

Ce sont les parents, réunis donc dans l’école de Caldégas qui ont eu la primeur de l’annonce. « Je ne dis pas que tout ira bien l’année prochaine, mais cela permet de tenir encore un an et d’organiser le combat ». La prolongation de l’école était cependant conditionnée à l’opinion unanime des parents. Même si tous n’étaient pas là et ne pouvaient parler au nom de la majorité, l’adhésion à la proposition du directeur ne s’est pas faite attendre. « Il faudra des sacrifices, des efforts. La situation financière est très délicate mais ce n’est pas terminé ». Celle-ci pourrait s’améliorer avec la participation plus forte des communes de Cerdagne française. Certaines font déjà des efforts en allouant des subventions ou comme Bourg-Madame qui paye l’eau et l’électricité. Il est vrai que dans tous les villages, le personnel parfaitement bilingue est requis dans de nombreux postes, que ce soit dans le domaine privé ou public.

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Alors pourquoi se couper d’une école formidable qui fournit des futurs employés au bilinguisme parfait dans une région transfrontalière qui réclame à corps et à cris des gens qui parlent aussi bien catalan que français ?

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La Bressola de Caldégas où l’on compte autant de petits français que de catalans, est la plus bilingue des écoles de Bressola du département en raison de sa situation transfrontalière. Joan Pere le Bihan au centre, accompagné ici du vice-président Gérard Thorent, d’Eve Bertrana, responsable administrative et Joan Ridaura, membre du conseil d’administration est venu annoncer aux parents que l’école restait encore ouverte un an.

22/05/2011

Cerdagne - Présentation du Pôle pédiatrique de Cerdagne

Hier, était présenté dans le cadre du Projet Européen de Santé de la Cerdagne, le Pôle Pédiatrique de Cerdagne, par le Dr Martine Aoustin, directrice générale de l’Agence Régionale de Santé du Languedoc-Roussillon en présence des deux instances représentatives des deux établissements français de ce pôle que sont les Tout Petits à Bourg-Madame et la Perle Cerdane à Osséja.

Dans le cadre de la mise en place du Pôle Pédiatrique de Cerdagne qui sera construit à Bourg-Madame, une réunion était organisée à Osséja. Après un discours des instances respectives des deux établissements, Michel Caron, président de l’ALEFPA et Marie-Thérèse Ortiz, directrice des Tout Petits, la réunion s’est poursuivie par un échange entre le Dr Martine Aoustin, directrice générale de l’Agence Régionale de Santé du Languedoc-Roussillon (ARS L-R) et une délégation d’une cinquantaine de salariés des deux établissements. Le but de cette discussion était de faire le point sur la situation actuelle, les avancées réalisées et les projections à venir.

« Rendre pérenne l’offre de soins »

Le Pôle Pédiatrique de Cerdagne composé de trois acteurs : la MECSS Les Touts Petits à Bourg-Madame, La Perle Cerdane à Osséja et le Groupement Européen de Coopération Territoriale de l’Hôpital de Cerdagne (GECT organe gérant l’Hôpital de Cerdagne), est une des deux filières (avec le Pôle gériatrique construit à Err) du réseau de santé transfrontalier. Car le Projet Européen de Santé de la Cerdagne va au-delà de la construction du nouvel Hôpital de Cerdagne à Puigcerda. Il a également pour objectif d’intégrer les services de santé des deux côtés de la frontière en profitant des meilleures spécialisations de chaque système, existant ou à venir. Selon le Dr Aoustin, « nous avons l’intention de rendre pérenne et plus solide, l’ensemble de l’offre de soins sur le plateau cerdan, ceci en lien étroit avec l’Hôpital de Cerdagne puisque le nouveau Groupement de Coopération Sanitaire est formé à la fois par les Tout Petits, la Perle et le GECT. Ce regroupement montre l’articulation que nous souhaitons avec nos amis catalans, dans une grande fluidité de prise en charge de chaque côté de la frontière »

 

Et les emplois ?

On sait que le secteur santé est mis à mal depuis quelques années en Cerdagne. D’où l’inquiétude légitime des salariés des structures sanitaires. Michel Caron, président de l’ALEFPA « En regard de ces regroupements d’établissements, à l’ALEFPA notamment, nous sommes très volontaires pour qu’il y ait une gestion globale des problèmes de ressources humaines. Très tôt, j’ai demandé que les services de l’Etat accompagnent ce projet ». L’Etat investit 15 millions d’euros sur les deux pôles : 10 millions € sur le pôle pédiatrique et 15 millions € sur le pôle gériatrique. Aussi, cet engagement financier parle de lui-même. Et la directrice générale de l’ARS L-R de rajouter : « notre souhait fondamental, c’est de solidifier l’offre de soins sur ce territoire. A partir des compétences existantes, on offre à nouveau une ouverture des besoins de santé et bien sûr, on solidifie les emplois sur ce territoire, ce qui est très important ». François Bellido, délégué syndical CDDT66 à la Perle Cerdane était satisfait des propositions quant à l’avenir des salariés lors de ce regroupement.

Mise en commun des compétences

L’intérêt de la création du pôle pédiatrique et du pôle gériatrique est de rendre les structures sanitaires actuelles pérennes mais aussi de mettre en commun des compétences et des spécificités propres à chaque établissement. « Avec des médecins en commun, cela permettra de développer de nouvelles formes de prise en charge, notamment sur l’hospitalisation de jour, sur l’ambulatoire, les consultations spécialisées, et pourquoi pas dans un avenir proche, au pôle pédiatrique, prendre en charge de nouvelles pathologies. Le tout se fera en accord avec le futur Hôpital de Cerdagne » rajoute Marie-Thérèse Ortiz, directrice des Tout Petits.

Un véritable projet de territoire en matière de santé se matérialise donc, les travaux devant commencer début 2012. Les grands gagnants en seront les Cerdans, des deux côtés de la frontière qui bénéficieront d’une meilleure prise en charge.

emplacement futur pôle pédiatrique.jpg

La construction prochaine des pôles pédiatrique et gériatrique est une nouvelle très positive et d’importance pour le plateau cerdan, autant pour la prise en charge des futurs patients que pour les emplois qui seront non seulement maintenus mais certainement développés. Depuis hier, est planté le panneau du permis de construire déposé en mairie de Bourg-Madame et accepté le 9 mai dernier.

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De g à d : M.-Thérèse Ortiz, directrice des Tout Petits, Christophe Paillard, directeur de la Perle Cerdane, Jean-Jacques Fortuny, maire de B-Madame, Pierre Garcia, administrateur AELFPA et Michel Caron, président de l’ALEFPA. Le maire vient d’accueillir les responsables du futur pôle pédiatrique et leur annoncer l’acceptation du permis de construire.

le maire de bourg-madame, les tout petits et l'Alefpa.jpg

De g à d : J.-Michel Dufresnoy, directeur général de l’ALEFPA, Michel Caron, président de l’ALEFPA, Catherine Barnole, inspectrice générale ARS des P.O., Christophe Paillard, directeur de la Perle Cerdane, Martine Aoustin, directrice générale de l’ARS L-R, J.-Yves Le Quellec, directeur adjoint de l’ARS, Dominique Marchand, directrice adjointe de l’ARS, J.-Louis Bonnet, chargé de mission des hôpitaux et M.-Thérèse Ortiz, directrice des Tout Petits.

04/04/2011

Cerdagne - Capcir - Haut-Conflent - Encore des suppressions de classe annoncées en montagne

Décidément, il ne fait pas bon être en montagne ces temps-ci. Après l’annonce de fermeture des sections professionnelles à la Perle Cerdane et la réunion houleuse qui a suivi avec l’inspecteur d’académie, voilà que l’on apprend la suppression éventuelle de quatre nouvelles classes. Le sang du collectif « Sauvons nos classes » n’a fait qu’un tour. A peine la porte de réunion fermée à la salle du lycée de Font-Romeu le jeudi, qu’une nouvelle porte s’ouvrait le lendemain, à la salle de La Cabanasse sur une réunion de crise du collectif.

Il est vrai que d’un jour sur l’autre, la pression n’avait pas eu le temps de retomber et ceux qui soutenaient les élèves de la Perle la veille étaient les mêmes à se mobiliser contre les nouvelles fermetures de classes dans le primaire. Les classes menacées, dont le nom a été connu dans la semaine se situent à : Font-Romeu, Osséja, Porté-Puymorens et Mont-Louis. Encore une fois, élus, parents d’élèves, professeurs des écoles, professeurs du secondaire et sympathisants se sont retrouvés pour mettre rapidement au point une riposte à cette coupe franche voulue une nouvelle fois par l’Inspecteur d’académie. Dans un premier temps, le collectif propose que les écoles de Cerdagne et Capcir soient occupés dès aujourd’hui en signe de protestation.

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 Se faire entendre à l’Inspection académique.

D’autre part, le collectif ira faire pression le jeudi 7 avril, au Comité Technique Paritaire départemental qui officialisera les propositions de fermeture tandis que toutes les écoles de Cerdagne Capcir seront en grève ce même jour.  Les membres du collectif entendent bien dénoncer ce lent grignotage et dégradation économique des hauts cantons. « La spécificité des écoles de montagne est réelle, à l’inspection d’entendre ce message » martèle un membre du collectif.

Et de mettre en cause cette même logique comptable de réduction de postes. Interrogé sur le sujet l’inspecteur d’académie dira « Ce sont des bruits, rien n’est arrêté. Maintenant quand on me dit, il vous faut rendre 26 postes, il faut bien que je les trouve quelque part. Ici si on garde une école qui a dix enfants, ça veut dire qu’à Perpignan, j’en laisse une en zone de réussite scolaire, avec des enfants de milieux défavorisés à 28 ou 29 élèves Posez-moi la question je vous répondrai quelle classe je ferme ».

Les hauts cantons sont très mobilisés et entendent bien le faire savoir.

Vendredi 8 avril à 18 h, réunion à la salle des Pyrénées à Mont-Louis. Les parents d’élèves, le collectif et tous ceux qui se sentent concernés par ces fermeture de classes décideront de la suite des actions.

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Dès aujourd’hui, des occupations d’écoles sont prévues dans les hauts cantons, en Cerdagne, Capcir et Haut-Conflent. C’est une réponse à l’annonce de la suppression éventuelle de quatre classess en zone de montagne. Les écoles du secteur montagne seront en grève ce jeudi 7 avril.

03/04/2011

Cerdagne - L’inspecteur d’académie accueilli par la fronde des hauts cantons

Jeudi soir, l’inspecteur d’académie, Dominique Beck, venu avec une délégation de l’inspection, réaffirmait en premier lieu, la décision de fermer les sections professionnelles « électrotechnique » et « hôtellerie restauration ». Les propositions de relogement de ces sections par l’ensemble des élus présents ont eu raison de la faiblesse de l’argumentation de l’inspecteur d’académie.

On connaît l’adage « on a gagné une bataille mais pas encore la guerre ». C’est ce qui pourrait résumer la réunion plus qu’agitée qui s’est déroulée jeudi soir dans la salle du Lycée Pierre de Coubertin à Font-Romeu, réunion de laquelle, la presse a un temps été refoulée. La teneur de ce rendez-vous était pour l’inspecteur d’académie : « une réunion d’information organisée par l’ALEFPA et l’Education nationale en direction des parents d’élèves concernés par la fermeture des voies professionnelles à la Perle Cerdane ». Mais c’est à une mobilisation générale des élus de Cerdagne Capcir, du corps enseignant, des parents d’élèves, élèves et population montagnarde que s’est heurtée la délégation de l’inspection académique.

Encore des chiffres

L’inspecteur d’académie a tout d’abord présenté les filières devant disparaître et les solutions proposées aux jeunes. Pour la restauration et l’hôtellerie, des investissements énormes ont été effectués…. sur la plaine ! 40 à 50 millions d’euros pour le futur lycée d’Argelès qui devrait ouvrir en 2014. Pour le secteur électrotechnique, « des réfections ont été faites sur le lycée de Prades et le lycée Charles Blanc à Perpignan, de l’ordre de 10 à 12 millions d’euros ». Des investissements lourds dont personne ne peut se plaindre quand il s’agit d’améliorer la formation professionnelle. Dans le public, une enseignante invective l’inspecteur « On a droit ici à de la formation, vous ne voulez pas investir en Cerdagne ». Et puisque tout est chiffre à l’inspection, il ne manquait plus à l’inspecteur d’académie qu’à annoncer le calendrier de la rentrée 2011-2012 « Il n’y aura plus aucun recrutement à la Perle Cerdane pour la section restauration hôtellerie et la section électrotechnique est supprimée. Le secteur tertiaire est transféré au lycée de Font-Romeu. Cela a été acté avec le recteur en accord avec l’ALEFPA ».

Des locaux soudain dépassés

Pourquoi ne pas garder dans l’enceinte de l’ALEFPA les locaux de l’Electrotechnique et de la restauration hôtellerie et maintenir ces sections indispensables à l’équilibre du territoire ? « Il y a une grande insécurité dans ces bâtiments et aujourd’hui les exigences techniques ne sont pas réunies sur la Perle Cerdane » disent Christophe Paillard, directeur de l’ALEFPA et Christian Sarboni, inspecteur de l’Education Nationale économie et gestion. « Depuis 6 mois, depuis la rentrée scolaire, vous accueillez donc nos enfants dans des locaux dangereux ?» se révoltent les parents présents. Au fil de la réunion, la faiblesse des arguments de l’inspection s’est faite jour.

Quelle concertation ?

Si le département peut se targuer d’avoir dans 3 ans un lycée tout nouveau tout beau à Argelès, « L’argent vient aussi bien de la population d’en bas que de la montagne. Pourquoi ne pas en mettre un peu ici. Quelle équité ! » dira encore un élu cerdan. « Les locaux dépassés, ce n’est pas un problème, même si j’en doute. Quand on veut tuer son chien, on l’accuse de la rage. Vous ne nous avez jamais concerté. M. l’inspecteur, vous avez l’attitude d’un chasseur qui a sa cartouchière pleine. Vous êtes monté en Cerdagne pour tirer à vue » s’insurge le conseiller général Georges Armengol. Mais des solutions de relogement des sections en péril ont fleuri parmi les élus comme les crocus au printemps.

« Sur l’initiative, je suis favorable »

Suzanne Délieux, conseillère régionale dira encore « Le lycée d’Argelès n’est pas fait pour vider la Cerdagne de ses enfants en formation. Si on vous propose des locaux, êtes-vous capable de maintenir les formations ? ». « La porte est ouverte. Si le Conseil Régional donne une délibération demandant l’ouverture de formation dans les normes, nous suivrons. Sur l’initiative que vous proposez, je suis favorable » dira enfin l’inspecteur. « Si justement il y a une possibilité de créer, par exemple un grand pôle d’excellence technologique, ne supprimez pas ce qui existe, de façon à préparer l’avenir » argumente encore Marcel Peytavi, maire de Latour de Carol.

Les jeunes montent au créneau

Grand moment d’émotion toutefois, quand les élèves des sections concernées, se sont avancés comme un seul homme et dignement, pour affronter l’inspecteur et leur dire leur refus de partir d’un territoire qui leur apporte de la formation qualifiante et leur assure un travail. Parents en pleurs et applaudissements ont accompagné ce baroud d’honneur de jeunes très dignes dans leur révolte. « Avez-vous mesuré la dimension de votre décision et le désarroi de ces jeunes que vous avez en face de vous. Vous désagrégez un outil extraordinaire des hauts cantons. Au lieu de faire le fossoyeur de notre territoire, soyez positif » dira encore Georges Armengol.

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L’inspecteur d’académie, finalement concèdera « Avec vous élus, nous allons nous voir, très vite pour faire une proposition de déménagement des locaux au Recteur. Si le projet est monté dans le respect des examens nationaux, je ne vois pas pourquoi on s’y opposerait ».

L’enterrement de première classe n’aura pas eu lieu cette semaine, en espérant que la porte entrouverte par l’inspecteur d’académie sera celle que pousseront encore à la rentrée, les élèves d’électrotechnique et de l’hôtellerie restauration, d’un bâtiment ouvert pour eux, en Cerdagne.

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La position de l’inspecteur d’académie a été moins radicale en fin de réunion. D’ici quelques semaines, les élèves (en photo) sauront s’ils peuvent finir leur cursus en section professionnelle en Cerdagne, partir à Perpignan ou abandonner leur formation.

 
La parole au représentant des parents d’élèves D. Del-PINO :

Une réunion n’a t-elle pas pour but de dialoguer, il faut croire que non, car le jeudi 31 mars, se tenait au lycée de Font Romeu une « réunion » avec l’inspecteur d’académie au sujet de la fermeture du lycée professionnel La Perle Cerdane à Osséja, cette « réunion » fut en fait un monologue. L’inspecteur n’était pas venu pour dialoguer mais pour imposer un fait !!!!!

Il nous parle en premier lieu de l’insécurité des élèves dans ce bâtiment, comment alors pour la rentrée 2010/2011 a t-on pu prendre les inscriptions d’élèves, l’insécurité est elle venue en seulement 6 mois ? A ces belles paroles, les élus présents, conseillers généraux, conseillère régionale souhaitent garder l’enseignement professionnel dans notre secteur montagne. Ils proposent des locaux avec les mises aux normes. Il n’y aurait  comme seul soucis pour le rectorat,  la gestion du personnel (qui par ailleurs n’est pas difficile à trouver puisqu’il est déjà en place à La Perle Cerdane). Mais là, blocage de l’inspecteur, il est prêt à dialoguer avec les élus mais en faisant comprendre que cela ne serait pas réalisable (ne fait-il donc pas confiance aux élus ruraux ? Ne payons nous pas nos impôts comme en plaine ?)

Les personnes présentent ont été surprise de la détermination de Mr Paillard (directeur de l’ALEFPA qui accueille dans ses murs le lycée. Il cherche par tout moyen à démontrer qu’il n’est plus possible de garder le lycée dans ses murs : lui aussi parle d’insécurité, comment alors peut il recevoir encore les enfants du centre médico-social ? Veut-il couler son propre centre médico-social et les autres maisons d’accueils d’enfant du secteur car il ne faut pas négliger que pour pouvoir accueillir des jeunes patients, il faut pouvoir leur offrir un enseignement près de leur centre d’accueil. Le manque de soutien de Mr  le proviseur du lycée de Font Romeu (mais ne l’oublions pas directeur également du Lycée La Perle Cerdane) a également était ressenti dans l’assistance. En tout cas nous ne connaîtrons pas sa position sur le sujet. Le silence peut en dire long.

Quant à la presse, la loi sur l’info aurait-elle changée puisque l’inspecteur d’académie a refusé l’accès de la salle à la journaliste de l’Indépendant Cerdagne Capcir. Heureusement, son collègue du Capcir, moins connu sur le Lycée a pu entrer incognito. Qu’est ce que cela signifie, il ne faut peut être pas ébruiter le manque d’intérêt qu’inspire la population des hauts cantons à notre rectorat ? Alors les questions se posent : nos enfants ont-ils le droit à l’éducation comme les autres ?,  les élèves de montagne sont-ils considérés comme la dernière roue du carrosse afin de compléter les effectifs des établissements des villes ? Les professeurs du secteur montagne n’ont-ils pas les mêmes capacités à enseigner que ceux de la plaine ? Ou tout simplement nous prend-on pour des idiots ??

02/04/2011

Cerdagne - Laurent Leygue, représentant du Modem en Cerdagne et Capcir

Depuis peu, le Modem Cerdagne Capcir a émergé dans le paysage politique local. Nous avons rencontré son représentant, Laurent Leygue, qui nous parle de ce mouvement localement naissant et de l’objectif recherché à travers ce qu’il qualifie de troisième voie.

F. B. Depuis quand nourrissez-vous cette idée de Modem en Cerdagne et Capcir ?

Laurent Leygue. Je suis personnellement adhérent du Modem depuis 2009. En mai 2010, j’ai eu une première rencontre avec Christine Espert, responsable du Modem 66 et secrétaire adjointe du Modem national.

Dans quelle optique montez-vous cette section ?

Dans le but de rassembler les Cerdans et les Capcinois d’horizons divers, capables de travailler ensemble pour créer un dynamisme et surtout trouver des solutions positives.

Que peut apporter le Modem ?

Tout d’abord, ce mouvement émane d’idées venant de gauche et de droite. Il prône l’ouverture. Pour les nouvelles générations, il peut être synonyme de 3e voie, de renouveau et d’ouverture d’esprit.

Que comptez-vous faire avec le Modem Catalan Cerdagne Capcir ?

Personnellement, je veux défendre les intérêts de notre région. Nous ne sommes pas assez entendus. Il faut faire comprendre notre territoire et notre spécificité qui est avant tout transfrontalière. Il faut que l’on travaille en permanence avec cette idée de transfrontalier et d’ouverture totale sur l’Europe. Il faut développer les projets communs avec nos voisins de Cerdagne espagnole, en accord avec le Consell Comarcal.

Quels sont les thèmes qui vous préoccupent ?

Sur notre territoire montagnard, l’économie, le tourisme blanc et rural, l’éducation, l’insertion sociale, la défense du secteur public, l’éducation nationale. On veut développer un projet fédérateur autour de la Cerdagne et du Capcir, rassurer les gens qui se posent beaucoup de questions sur l’avenir.

cerdagne,capcir,modem cerdagne capcir,laurent leygue,françois bayrou,modem,transfrontalierVotre dada, c’est la défense de la langue catalane.

Oui, il faut développer la culture mais avec la langue catalane. Il faut qu’elle soit enseignée dans toutes les écoles primaires, ainsi que la culture cerdane et capcinoise. Il faut des échanges avec le monde agricole, avec les aînés. Il ne faut pas perdre cette mémoire. Face à la mondialisation, nous devons savoir d’où on vient et où on va.

Peu de politiques viennent en Cerdagne et Capcir.

C’est vrai, à part les voir pour des inaugurations, on est un peu oubliés. C’est pour cette raison qu’on prépare la venue, ici, en montagne, de François Bayrou.

Contact : modemcerdagne@hotmail.fr

Propos recueillis par Frédérique Berlic

Laurent Leygue est le référent Modem en Cerdagne Capcir. Se prépare, dans les hauts cantons, la venue du chef de file nationale, François Bayrou.

Cerdagne - L’Inspecteur d’académie Dominique Beck « Pour ce qui est des sections professionnelles de la Perle Cerdane, la porte n’est pas fermée »

Jeudi soir, au lycée Pierre de Coubertin de Font-Romeu, l’Inspecteur d’académie Dominique Beck était attendu par un public très remonté suite à l’annonce de l’extinction des sections électrotechnique et hôtellerie restauration à la Perle Cerdane. Dans une atmosphère houleuse, l’inspecteur a réitéré les positions du Rectorat, démontrant comptablement, que ces filières n’étaient pas viables. Mais la guerre des chiffres a plié face au vent de révolte qui a soufflé dans la salle de réunion. Les élus présents ont proposé nombre de solutions quant à la prise en charge de la restauration et de l’électrotechnique dans d’autres locaux vacants en Cerdagne.

Devant une volonté politique aussi marquée, des enseignants remontés et surtout face à des élèves et des parents désemparés, l’Inspecteur d’académie s’est engagé publiquement à rencontrer le recteur pour travailler sur cette nouvelle donne. « La porte n’est pas fermée. Nous avons des élus, conseillère régionale, conseillers généraux, maires qui ont décidé d’aller porter la parole et la demande d’un sursis de quelques mois pour la section électrotechnique au Recteur par l’intermédiaire des présidents du conseil général et conseil régional. Ils demandent une décision au Rectorat, la démarche sera faite, mais je ne vais pas préjuger de ce que va décider le Recteur d’académie ».

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La suite du compte-rendu de cette réunion décisive, demain, dans l’édition de dimanche 3 avril.