11/03/2011

Cerdagne - Capcir - Bilan à mi-mandat aux Angles : « C’est l’eau qui décide le développement et pas l’inverse »

Hormis trois projets qui ont été mis en stand-by, le maire, Christian Blanc et son équipe ont avancé sur de nombreux thèmes. Certains projets ont déjà abouti, d’autres ont été lancés, parfois freinés par l’Etat.

Christian Blanc a entamé son 4e mandat, installé dans le fauteuil de maire depuis 1989. A chaque fois, il a été élu sans liste d’opposition. En 2008, son programme était axé sur le chemin du développement durable en regard des évolutions climatiques, la maîtrise publique des infrastructures et l’ouverture aux autres, avec la population et les autres communes. A-t-il tenu ses promesses ?

Gestion économe et partagée de l’eau

Le cheminement de ce mandat était de savoir, pour Christian Blanc et son équipe, dans une station de sports d’hiver comment garder une activité qui est dépendante de la météo, en sachant que cette dernière est instable ?

Pour l’équipe municipale, l’élément fondamental de la commune, c’est la ressource en eau qui n’est pas inépuisable. Comment concilier les grosses consommations d’eau que sont : l’eau potable, la production de neige de culture et l’agriculture ? « L’eau est un des enjeux majeurs. Parmi les actions engagées : la réduction des fuites de réseaux, longs de 30kms. L’objectif était le rendement des réseaux actuels, nous y sommes parvenus à 80% » annonce Christian Blanc. « Tout ce qu’on gagne en m3 de fuites, c’est de la disponibilité pour la neige de culture ou l’agriculture ». La mairie vient également d’obtenir la déclaration d’utilité publique du forage d’eau potable des Angles. « Cela veut dire qu’aujourd’hui, on va moins prélever d’eau de surface ce qui écologiquement est moins néfaste. Sur le très court terme, c’est l’alimentation en eau à partir des toits des services techniques pour arroser des plantes et nettoyer les voitures » dit encore le maire. En cours de concertation, le prélèvement d’eau dans le lac de Matemale.

L’urbanisation

Depuis maintenant 20 ans, le Plan d’Occupation des Sols de la ville est gelé. « Je le répète, ce sont les ressources en eau qui doivent décider des capacités de développement immobilier dans une ville et pas l’inverse.  Nous avons livré fin 2010 six logements sociaux en partenariat avec l’office d’HLM ». En 2011, pointe le projet de lotissement dont l’objectif est de le réserver à l’habitat permanent. L’équipe municipale ne veut pas agrandir la taille de la ville et l’objectif du futur PLU est même de réduire les surfaces à urbaniser. Cette proposition fait cependant débat.

Le domaine skiable

L’objectif de l’équipe en place est le maintien de la gestion publique du domaine skiable. « Là non plus, pas d’extension en vue. En détenant la clef de la gestion, on a aussi la réponse sur la consommation d’eau. Il faut améliorer qualitativement l’existant ».

La gestion de la forêt

Dans son programme, l’équipe de Christian Blanc annonçait la protection et la valorisation de la forêt. Une fois élue, elle s’était penchée largement sur ce thème et a créé une régie forestière ayant pour but de nettoyer les forêts sur ce qui n’a pas de valeur marchande. Cette initiative a été attaquée par l’Etat. Elle a permis cependant d’employer 5 personnes et de nettoyer 95% des 6000m3 de bois abattus par la tempête Klaus. De plus, cette régie forestière est la seule localement à produire des plaquettes.

Les projets abandonnés

Les trois grands projets annoncés sont en stand-by. La réfection de l’Espace Bleu Neige, au centre des Angles coûterait la somme de 10 millions d’euros, la traversée d’agglomération, la somme de 3 millions d’euros et la zone de loisirs du lac de Matemale, 2 millions d’euros.  « On se concerte, on réfléchit, mais ne prenons pas de risques financiers sur des équipements qui sont de l’après-ski » modère Christian Blanc

Le photovoltaïque

Là aussi, tous les bâtiments publics devaient être recouverts de photovoltaïques, 4500m2 en tout. Le chantier démarré en septembre a été arrêté par rapport à la décision de geler tous les grands projets de ce type. On ne connaît pas l’avenir du projet.

L’Intercommunalité

La commune des Angles a souhaité adhérer à la communauté de communes Capcir-Haut-Conflent mais la demande a été rejetée par les grands électeurs que sont les maires. « Une intercommunalité regroupant les deux grandes communautés de communes, Cerdagne et Capcir, c’est le moment ou jamais. On a plein de projets à faire ensemble, à partager. Il faut dépasser le problème de personnes. C’est à nous de décider de notre avenir. Allons-y ! » dit encore le maire. 

 

Le point de vue de l’opposition…

Christian Blanc a été élu sans opposition depuis 4 mandats. La réponse se trouve sans doute dans la gestion de la ville. En plus des 19 élus, 14 personnes de la société civile sont intégrées dans un conseil d’administration de la station. Le nom de ces 14 personnes est connu avant les élections. Cela a permis d’ouvrir le débat à des gens qui n‘étaient pas autochtones, aux résidents secondaires, aux commerçants, aux acteurs de la vie locale. Avec une vision déconnectée du mandat, n’ayant pas de pression électorale, ils sont très libres de s’exprimer. « Lors de réunions hebdomadaires, très ouvertes, tous les cadres de la station sont là : les cadres du tourisme, des remontées mécaniques, les cadres de la ville ». La concertation est la base du ciment de ce village station où sans doute la politique municipale ne fait pas parfois l’unanimité. Mais ce mécontentement ne s’est pas exprimé électoralement parlant.

 

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Comment le village station des Angles s'adapte à une nature qui change et quelles sont les solutions pour garder une activité dépendant de la météo? Est-ce que l'équipe municipale a gardé le cap du schéma proposé en 2008?

 

10/03/2011

Cerdagne - Bilan à mi-mandat à Font-Romeu

En 2008, Jean-Louis Demelin était élu maire. Lui et ses colistiers réunis sous la bannière « un esprit d’équipe pour réussir ensemble » détrônaient ainsi Pierre Bosselut qui occupait le fauteuil de premier édile depuis 18 ans. Quels projets ont abouti, quels sont ceux qui ont été enfouis sous la neige par l’équipe municipale.

 Jean-Louis Demelin quitte sa fonction de journaliste au journal l’Indépendant pour se présenter comme maire de sa commune de toujours : Font-Romeu. Sa liste obtient 100% des sièges. « Réveillons notre station, nos villages » était le slogan de sa profession de foi. A-t-il secoué la cité romeufontaine ? Dans la liste des propositions, certains projets ont abouti, d’autres sont en cours de réalisation et quelques-uns ont été abandonnés.

Le logement

En 2008, pendant la campagne municipale, J.L. Demelin annonçait la stimulation de la construction de résidences principales dont la carence était importante (- de 21% du parc immobilier). Concernant l’accueil de résidents permanents, la nouvelle équipe reprend le projet de lotissement communal, lancé sous l’ancienne municipalité, mais immobilisé par des démarches administratives. Entièrement revu par l’équipe en place, il va pouvoir enfin accueillir les premiers habitants. « Ce lotissement communal a abouti, mais nous allons en faire d’autres pour fixer les gens au pays d’une façon permanente » dit le maire. Pour une station de sports d’hiver, le problème récurrent est le logement du personnel saisonnier, ce qui

figurait en bonne place dans la liste des actions à mener. Là aussi, le projet est en passe d’aboutir avec l’ouverture, l’année prochaine, d’une résidence de saisonniers et d’étudiants en lieu et place de l’annexe qui accueillait le personnel du Balcon de Cerdagne.

Le Groupe scolaire

C’était l’un des points forts du programme « La création d’une école facile d’accès, moderne et parfaitement équipée apparaît prioritaire ». Trois ans après, c’est plus que jamais d’actualité puisque les deux écoles romeufontaines seront concentrées en un groupe scolaire unique, conçu suivant les techniques les plus modernes, un bâtiment à basse consommation et des panneaux solaires à l’image du Grand Four solaire d’Odeillo. L’ouverture ? « Les premiers coups de pioche seront donnés en octobre 2011 et l’ouverture est prévue pour la rentrée 2013 » annonce J.L. Demelin.

Le tourisme

Que ce soit le tourisme blanc ou le tourisme vert, ce volet était attendu de pied ferme par toute la population. Normal, c’est l’essence même de l’économie locale. « L’été, on perd de la destination montagne sans arrêt, il faut savoir créer de l’évènement ». Tels Spiritualités en Pyrénées ou le Festival du Livre par exemple. Tous les jours durant les vacances estivales, une animation par soir a été proposée. Mais il faut que les gens viennent sur les ailes de saison afin que l’économie locale se prolonge. Des animations supplémentaires ont donc été mises sur pied. Enfin, la communication et la commercialisation de la station ont été réorganisées, la politique touristique restructurée avec la création d’un EPIC.

Le stationnement en essai

Quand sont apparus les premiers parcmètres en plein cœur de la commune, le sang des habitants et des commerçants n’a fait qu’un tour. Le stationnement gratuit la 1ere demi-heure et payant jusqu’à 18h (hors 12h-14h) n’a pas fait l’unanimité, loin s’en faut. Le maire reconnaît que « C’est un système que l’on doit réajuster. On en reparlera à la fin de la saison. De tout façon, on avait annoncé que c’était un essai ».

Exit la valorisation de l’Espace Colette Besson

« Réhabiliter et moderniser l’Espace Colette Besson » faisait également partie des engagements pris par la nouvelle équipe. Ce devait être un outil adapté à une certaine préparation sportive. Trois ans après, ce projet d’envergure est abandonné, faute de moyens financiers suffisants. Seuls des travaux sur l’aspect extérieur seront engagés.

L’Intercommunalité

Quand l’équipe de J.L. Demelin arrive à la mairie, la commune de Font-Romeu a intégré la Communauté de Communes Pyrénées-Cerdagne depuis quelques mois, sous l’ère Bosselut. Une aberration pour la nouvelle équipe qui ne veut pas que sa compétence tourisme aille dans le giron communautaire. Les réunions à la communauté de communes sont houleuses pour ne pas dire haineuses. Finalement, Font-Romeu qui ne peut au regard de la loi, se retirer de la communauté de communes, récupère néanmoins sa compétence tourisme, « Nous avions besoin d’un outil plus performant sur notre communication et notre commercialisation » nous dit J.L. Demelin. Une logique de territoire avec cette intercommunalité-ci qui n’est donc pas voulue par l’équipe en place. Une attitude que les autres communes ont trouvé hautaine et suffisante qui a tendu durablement les relations entre les élus romeufontains et ceux de l’intercommunalité.

Les projets en cours

Des dizaines de projets sont en cours, il reste encore trois ans pour qu’ils sortent de terre ou que jamais, ils n’aboutissent. « La plupart des thèmes abordés durant la campagne, on y travaille sans arrêt ». C’est le cas pour la réhabilitation du patrimoine, et la mise en place d’hébergement hôtelier de haute catégorie avec le Grand Chalet, bâtiment annexe du Grand Hôtel. La mairie n’a jamais non plus laissé de côté ce projet un peu fou de créer une piste de ski qui arriverait en plein centre ville. Encore trois ans, et voyons si on arrivera au cœur de la station skis aux pieds !

                                                                                                                         

Le point de vue de l’opposition

Samuel Nguyen et sa liste n’ont obtenu aucun siège aux municipales 2008. Acteur de la vie locale, il revient sur certains projets que l’équipe municipale en place n’a pas tenus.

« Je respecte les efforts de la nouvelle municipalité, notamment sur l’image sportive qui va au-delà des frontières du département, mais son programme a de la peine à se concrétiser, et ce, malgré un héritage financier confortable : parking, espace Colette Besson, nouvelle école, amélioration du quotidien des habitants». Est-ce que les promesses ont été tenues ? « Si je reprends point par point leurs engagements, il y a de quoi être déçu. Qu’en est-il des projets des nouveaux chalets d’altitude avec terrasses, du centre aqua-ludique, de la modernisation de l’espace Colette Besson pour accueillir les athlètes du monde entier ? Quant aux énergies renouvelables, je citerai la toiture géante des nouveaux garages du SIVU qui n’accueille pas un seul panneau solaire ». Et comment qualifier l’hostilité des élus de Font-Romeu face à l’intercommunalité « Peut-être n’ont-ils pas bien compris l’intérêt et les synergies d’un rassemblement ou bien ont-ils peur de perdre leurs petits pouvoirs… ».

 

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Dans l’annexe du Grand Hôtel qui va fêter son centenaire en 2013, l’hébergement hôtelier de haute catégorie sera privilégié. Dans un même temps, l’Espace Colette Besson quitte la liste des projets prioritaires.