01/02/2013

Cerdagne - Dorres-Angoustrine - Le 1er prix européen des écoles fleuries pour la Cerdagne

Deux écoles de Cerdagne, RPI Dorres-Angoustrine et Llivia ont été récompensées du 1er prix européen des écoles fleuries. Les élèves sont allés chercher leur prix à Paris lors d'un voyage inoubliable.

Ils en parlaient depuis le mois d’octobre mais nos petits montagnards n’ont commencé à y croire que lorsqu’ils se sont retrouvés dans le train qui les amenait à Paris. Et oui, le 1er prix européen du concours des écoles fleuries allait être attribué à la classe de cycle 3 du RPI  de Dorres- Angoustrine et à l’école de Llivia qui ont mené en commun, un travail sur les abeilles et plantes mellifères.

Du Lycée Louis Le Grand..

1 les élèves cerdans reçoivent le prix.jpg

 Les élèves récompensés au Lycée Louis Le Grand 

Les élèves accompagnés de leurs professeurs des écoles, Vincent Hernandez pour le RPI, et Mireia 2 présentation du projet.jpgCastells et Antoni Cano pour Llivia, font le voyage en train de nuit, arrivent à l’auberge de Jeunesse, prennent le bateau-mouche sur la Seine et puis, entrent solennellement dans le prestigieux lycée Louis Le Grand. La cérémonie de remise des prix peut commencer. Le magnifique travail  « Les abeilles et les plantes mellifères de notre jardin la Cerdagne » est officiellement récompensé. Tout le monde regarde les jeunes Cerdans et devant une immense assemblée émue, quatre élèves expliquent sur scène leur projet. "Les prairies de Cerdagne sont devenues notre jardin, lieu d’expérience sur les plantes mellifères et lieu de vie des abeilles". Mais en plus de tout ce travail interdisciplinaire sur les plantes, les fleurs et la vie des abeilles, les élèves ont naturellement tissé des liens des deux côtés de la frontière.

...à l'Assemblée Nationale!

Et puis, les activités continuent avec un spectacle « L’homme qui plantait des arbres » de Giono, et, instant inoubliable, la réception à l’Assemblée nationale. Ils étaient attendus par  Ségolène Neuville, députée de leur circonscription qui les a félicité sincèrement, simplement et chaleureusement. Et c'est non sans fierté, eux qui mettent à l’honneur ce petit coin de Cerdagne, qu'elle leur a fait visiter le Palais Bourbon et suivre une partie de la séance du jour. Grand moment pour tous! Pour Vincent Hernandez, professeur des écoles à Dorres, ce fut deux journées de rêve "Les enfants ont adoré et c'est bien que les élèves de l'année dernière aient pu se joindre à ceux qui ont fini le projet en début d'année. Quel beau cadeau!". Et deux amis partis trop tôt, Jacques Callis, instigateur des projets transfrontaliers et des classes bilingues et son compère, José Luis Jimenez, initiateur de la fête de l’arbre devaient être très fiers des petits Cerdans récompensés à Paris.

3 reçus à l'assemblée nationale.jpg

         La députée Ségolène Neuville attendait la délégation cerdane à l'Assemblée nationale                                                                                  

Ceux qui les ont aidés : Les élèves n'ont pas manqué de remercier tous ceux qui leur avaient permis de mener leur projet à bien et de vivre cette grande aventure : les DDEN, l’Education Nationale, les mairies de Dorres et d’Angoustrine, le SIS  de Cerdagne et son président Marcel Peytavi, la Charte Intercommunale de Cerdagne et son président Isidore Peyrato, le Conseil Général, Ségolène Neuville, députée de la 3e circonscription, Prévention MAIF, l’association des parents d’élèves du RPI Dorres-Angoustrine, les associations homologues catalanes.                                                                           

 

 

07/06/2011

Cerdagne - L’école catalane La Bressola en sursis

Les parents d’élèves de la Bressola de Caldégas attendaient l’annonce officielle de la fermeture de l’école. Le directeur des écoles de la Bressola est venu, contre toute attente, leur annoncer que Caldégas repartait pour an. C’est peu, mais suffisant pour surseoir à la décision d’une fermeture définitive.

La Bressola Caldegas 2.jpg

Arrivé directement de Perpignan, Joan Pere Le Bihan était attendu avec anxiété voire découragement par les parents d’élèves de la Bressola. Depuis février, ils s’étaient faits à l’idée que « leur » Bressola » allait grossir la liste des suppressions d’écoles et de classes notifiées pour la rentrée prochaine. C’était quasiment certain, « à 80%, malheureusement » avait annoncé Joan Pere Le Bihan. Pourquoi maintenant, joan pere le bihan.jpgalors que la situation financière des écoles de la Bressola est équilibrée depuis deux ans ? « Parce qu’en raison de la crise, la Generalitat de Catalunya a baissé ses subventions de 20% et que le Ministère de l’Education nationale a supprimé des postes dans tout l’Hexagone ». La conséquence financière pour l’année prochaine est sans appel : il manque 20 000€ pour que fonctionne l’école de la Bressola à Caldégas. Restait une entente entre politiques des deux côtés de la Cerdagne pour sauver l’école.

Il faudrait un miracle

Jusqu’à lundi, Joan Père Le Bihan est des plus pessimistes. Jeudi dernier, la réunion entre Georges Armengol, conseiller général et le maire de Puigcerda, n’avait pas permis de rassembler les fonds nécessaires pour maintenir l’école. « Ce qu’il faut, c’est un miracle pour que la Bressola ne ferme pas » annonçait le directeur des écoles. Peut-être existe-t-il une sainte patronne de la Bressola car dans la journée de lundi, tout est allé très vite : le maire de Puigcerda mettait sur la table 10 000€, Georges Armengol lui emboitait le pas et proposait 3000€. A 17h, il manquait encore 7000€ que le fondateur de la Bressola Miquel Mayol amenait de justesse. « J’ai appris la nouvelle sur la route de Cerdagne. J’ai moi-même apporté 1000€ de ma poche » nous dit Joan Pere le Bihan encore tout retourné.

L’annoncer aux parents

Ce sont les parents, réunis donc dans l’école de Caldégas qui ont eu la primeur de l’annonce. « Je ne dis pas que tout ira bien l’année prochaine, mais cela permet de tenir encore un an et d’organiser le combat ». La prolongation de l’école était cependant conditionnée à l’opinion unanime des parents. Même si tous n’étaient pas là et ne pouvaient parler au nom de la majorité, l’adhésion à la proposition du directeur ne s’est pas faite attendre. « Il faudra des sacrifices, des efforts. La situation financière est très délicate mais ce n’est pas terminé ». Celle-ci pourrait s’améliorer avec la participation plus forte des communes de Cerdagne française. Certaines font déjà des efforts en allouant des subventions ou comme Bourg-Madame qui paye l’eau et l’électricité. Il est vrai que dans tous les villages, le personnel parfaitement bilingue est requis dans de nombreux postes, que ce soit dans le domaine privé ou public.

les parents d'élèves de la Bressola.jpg

Alors pourquoi se couper d’une école formidable qui fournit des futurs employés au bilinguisme parfait dans une région transfrontalière qui réclame à corps et à cris des gens qui parlent aussi bien catalan que français ?

Thorent, le bihan, ridaura, bertrana.jpg

La Bressola de Caldégas où l’on compte autant de petits français que de catalans, est la plus bilingue des écoles de Bressola du département en raison de sa situation transfrontalière. Joan Pere le Bihan au centre, accompagné ici du vice-président Gérard Thorent, d’Eve Bertrana, responsable administrative et Joan Ridaura, membre du conseil d’administration est venu annoncer aux parents que l’école restait encore ouverte un an.

04/11/2010

Cerdagne - Les chevaux hispano-bretons font la foire

Puigcerda - Durant deux jours, samedi 6 et dimanche 7 novembre, la capitale cerdane va vibrer sous les sabots des chevaux de trait hispano-bretons, véritables vedettes d'un concours désormais trentenaire. Plus de 25 000 visiteurs sont attendus à cet évènement agricole majeur de l'automne cerdan.

17439_cat_ESCALA_600_394.jpegAux environs de la gare de Puigcerda, l'animation sera grande en ce traditionnel premier week-end de novembre. Il faut dire que l'on a affaire à l'une des plus grosses foires aux bestiaux d'Europe ! Lieu de toutes les rencontres et surtout de toutes les transactions entre professionnels du monde équin, les indiscutables protagonistes en sont les chevaux de trait mais pas uniquement. En effet, y sont vendus poneys, mules, mulets, ânes, chevaux de selle, chevaux de sang. Une foule impressionnante pourra à loisir, faire le tour de 11.000 m² d'espace. Près de 150 stalles contiennent tout ce que l'on peut considérer comme équidés. Mais la part belle est faite au fameux cheval de trait hispano-breton, qui est tout simplement la race autochtone catalane.

Un cheval vigo17440_cat_ESCALA_600_398.jpegureux au caractère calme

Issue de croisements entre le cheval antique catalan, éteint à la moitié du 20e siècle et des races européennes, principalement le Breton, la race hispano-bretonne a été maintenue en raison de son tempérament tranquille, ses qualités rustiques et sa bonne adaptation au terrain.

Le clou de la foire est le concours traditionnel qui départagera les chevaux répondant aux critères du jury. Si les Espagnols et andorrans peuvent y participer, ce n'est pas le cas des éleveurs français de Cerdagne ou d'ailleurs qui peuvent uniquement vendre ou acheter du bétail.

Un concours fortement doté

L'engouement pour cette foire est immense du côté de nos voisins espagnols. Il faut dire que les différents concours, étalons d'une part et lots d'animaux de 1, 2, 3 ans et juments suitées d'un même élevage sont fortement dotés, on parle de plusieurs dizaines de milliers d'euros. Les chevaux destinés au concours, notamment les étalons redescendent beaucoup plus tôt d'estives pour pâturer le regain et présentent une forme idéale pour le jour j. L'enjeu est donc de taille pour les éleveurs qui ont préparé religieusement ce rendez-vous automnal. Un millier de chevaux seront présents mais seuls les animaux désignés suivant des critères morphologiques précis par un jury de spécialistes, pourront participer à l'exhibition, moment phare du week-end. Vaches et moutons et un grand espace de machines agricoles complètent ce grand rendez-vous instauré en 1980.

Samedi 6, polygone industriel (derrière la gare) : de 10h à 14h : concours de chevaux hispano-bretons et vente d'animaux. Dimanche 7 : à partir de 10h : foire aux bestiaux et toute la journée : foire aux camelots dans la ville

 

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19/09/2010

Cerdagne - Louis Esteva honoré à Martinet

à gauche Louis Esteva.jpgL'osséjanais Louis Esteva a eu l'honneur d'avoir une salle à son nom au Parc des Bunkers de Martinet en Cerdagne espagnole. Juste retour pour ce passionné d'Histoire et de patrimoine. On lui doit la création de la Marche des Contrebandiers Osséja-Castellar de N'Hug et le traditionnel concours de chiens de Bergers au travail sur moutons. Mais il a surtout mis en valeur la Ligne des Pyrénées ou Linea P. Construite entre 1944 et 1947 par l'armée espagnole, elle se compose de près de 10 000 bunkers, du Cap de Creus à Hendaye. Regroupés en 169 centres de résistance, chacun compte une cinquantaine de bunkers pouvant accueillir un bataillon de 400 ou 500 hommes.

Des bunkers tombés dans l'oubli

Conscient de la menace représentée par le nouveau contexte international, Franco planifia dès 1943 une ligne de défense dans les Pyrénées. La Cerdagne était un point stratégique de cette défense car elle était la seule vallée des Pyrénées avec une grande plaine et facilement accessible. Nombreux sont les randonneurs, marchant en crête entre les bornes 504 et 503, à avoir vu sur leur chemin de nombreux bunkers, souvent de forme différente sans savoir à quoi ils avaient affaire. Les bunkers de la ligne P n'ont jamais été armés et n'ont accueilli aucune compagnie de soldats. Ils sont tombés peu à peu dans l'oubli et pendant longtemps leur présence a été occultée, plus ou moins mise sous le sceau dplaque inaugurative.jpgu secret militaire.

Récupérer la mémoire

La mairie de Martinet en Cerdagne espagnole a eu l'idée de récupérer les bunkers, de créer un itinéraire culturel et de faire de cet ensemble historique une ressource de tourisme culturel. Louis Esteva a pris largement part à la promotion de ce projet inédit. Il y a travaillé pendant 20 ans en tant que bénévole. C'est avec bonheur qu'il a vu l'ouverture du Musée de Martinet où 15 bunkers ont été réhabilités et dans lequel on peut voir du matériel militaire gracieusement offert par l'armée espagnole. Le maire de Martinet Josep Castells a bien compris le rôle de Louis Esteva dans l'ouverture de cet espace de mémoire et c'est à juste titre qu'il a inauguré, en sa présence, un espace à son nom. Louis Esteva qui fut le premier à étudier avec rigueur cette œuvre pharaonique.

bunker non loin de la borne 503.jpg