26/01/2012

Cerdagne - Osséja - Jacques Obradors, le contrebandier s’en est allé

4 Jacques Obradors.jpgJacques Obradors n’est plus. C’est une figure emblématique de la vie osséjanaise qui a quitté ce monde. Arrivé enfant avec la Retirada, il avait habité le petit hameau perché du Puig avec sa famille. Pour des recherches personnelles, nous l’avions interrogé sur cette période d’exil et sur l’Occupation. Il était intarissable et ses souvenirs d’une précision remarquable. La contrebande, jeune adolescent, il l’avait pratiqué pour faire vivre sa famille. La montagne d’Osséja pour rejoindre l’Espagne n’avait pour lui aucun secret au point d’avoir créer, il y a quelques années La Marche des Contrebandiers entre Osséja et Castellar de N’Hug. Nous fêterons cette année la 22e édition de cette randonnée pas comme les autres. En plus de cette manifestation, Jacques s’était occupé, avec Louis Esteva, l'initiateur, du Concours international de chiens de bergers. Pour son implication, nous lui avions d’ailleurs réservé l’année dernière une place dans la page des « 20 Cerdans qui ont fait l’actualité ». Le jour des obsèques où tout Osséja était là, Paul Libmann, organisateur dorénavant du concours des chiens, a rendu un hommage vibrant à cet homme vrai. Jacques est parti mais son œuvre reste, tout comme le souvenir de ce « contrebandier » aux yeux couleur de ciel.

19/09/2010

Cerdagne - Louis Esteva honoré à Martinet

à gauche Louis Esteva.jpgL'osséjanais Louis Esteva a eu l'honneur d'avoir une salle à son nom au Parc des Bunkers de Martinet en Cerdagne espagnole. Juste retour pour ce passionné d'Histoire et de patrimoine. On lui doit la création de la Marche des Contrebandiers Osséja-Castellar de N'Hug et le traditionnel concours de chiens de Bergers au travail sur moutons. Mais il a surtout mis en valeur la Ligne des Pyrénées ou Linea P. Construite entre 1944 et 1947 par l'armée espagnole, elle se compose de près de 10 000 bunkers, du Cap de Creus à Hendaye. Regroupés en 169 centres de résistance, chacun compte une cinquantaine de bunkers pouvant accueillir un bataillon de 400 ou 500 hommes.

Des bunkers tombés dans l'oubli

Conscient de la menace représentée par le nouveau contexte international, Franco planifia dès 1943 une ligne de défense dans les Pyrénées. La Cerdagne était un point stratégique de cette défense car elle était la seule vallée des Pyrénées avec une grande plaine et facilement accessible. Nombreux sont les randonneurs, marchant en crête entre les bornes 504 et 503, à avoir vu sur leur chemin de nombreux bunkers, souvent de forme différente sans savoir à quoi ils avaient affaire. Les bunkers de la ligne P n'ont jamais été armés et n'ont accueilli aucune compagnie de soldats. Ils sont tombés peu à peu dans l'oubli et pendant longtemps leur présence a été occultée, plus ou moins mise sous le sceau dplaque inaugurative.jpgu secret militaire.

Récupérer la mémoire

La mairie de Martinet en Cerdagne espagnole a eu l'idée de récupérer les bunkers, de créer un itinéraire culturel et de faire de cet ensemble historique une ressource de tourisme culturel. Louis Esteva a pris largement part à la promotion de ce projet inédit. Il y a travaillé pendant 20 ans en tant que bénévole. C'est avec bonheur qu'il a vu l'ouverture du Musée de Martinet où 15 bunkers ont été réhabilités et dans lequel on peut voir du matériel militaire gracieusement offert par l'armée espagnole. Le maire de Martinet Josep Castells a bien compris le rôle de Louis Esteva dans l'ouverture de cet espace de mémoire et c'est à juste titre qu'il a inauguré, en sa présence, un espace à son nom. Louis Esteva qui fut le premier à étudier avec rigueur cette œuvre pharaonique.

bunker non loin de la borne 503.jpg