28/06/2011

Cerdagne - Bourg-Madame - Il y a 100 ans, le 28 juin 1911 : le Train jaune arrive à Bourg-Madame

10h38, c’est l’heure exacte à laquelle le Train Jaune arrive en gare de Bourg-Madame. C’était il y a 100 ans, jour pour jour. L’année d’avant, le 18 juillet 1910 était inauguré le tronçon Villefranche-de-Conflent – La Cabanasse. Retour sur cet évènement majeur qui a indéniablement désenclavé la Cerdagne et a permis de mettre en valeur tout un département.

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La rame ayant inauguré la section entre Mont-Louis et Bourg-Madame, encadrant une remorque réservée aux officiels le 28 juin 1911 (photo collection G. Gironès)

La construction du Train Jaune, on le sait, a été un véritable exploit technique et une aventure humaine hors norme. Au début du siècle dernier, c’était la traction animale qui prévalait sur les autres transports, quelques nantis possédant les toutes premières voitures. En Cerdagne, la route carrossable partant de Perpignan atteint Bourg-Madame en 1886, mais en hiver sa viabilité demeure incertaine. L’état des routes se dégradait rapidement après un hiver enneigé et un printemps pluvieux. Il existait bien la diligence mais la durée des transports en décourageait plus d’un, il fallait en effet, en partant de Bourg-Madame, 6h pour rejoindre Prades et 8h30 pour arriver à Perpignan !

Des Cerdans exaspérés

Construire une ligne de chemin de fer pour désenclaver la Cerdagne, c’était le souhait d’une population exaspérée par la lenteur des trajets. Grâce au député de la circonscription de Prades, Emmanuel Brousse, la fameuse ligne électrique, véritable prouesse technique (pour des dénivelés tels n’existent alors que les trains à crémaillère) voit le jour. Sous la direction de l’inspecteur général des Ponts et chaussées, Jules Lax, directeur du contrôle de la Compagnie des chemins de Fer du Midi, les travaux du Train jaune, démarrent en 1903 et s’achèveront, après une interruption due à la guerre de 14-18 à Latour de Carol en 1927.

 

L’arrivée à Bourg-Madame

Nous reprendrons ici quelques extraits de l’article du journal l’Indépendant paru le lendemain de l’inauguration, le 29 juin 1911. Deux journalistes enthousiastes dont César Royer ne tarissent pas d’éloges sur ce train des montagnes « Il ne faut pas se lasser de le dire bien haut et de le crier par-dessus tous les toits catalans : le chemin de fer de Cerdagne est bien l’une des plus belles choses que l’on ait jamais vues. Tous ceux qui l’ont pris hier, de Mont-Louis à Bourg-Madame étaient tout simplement émerveillés »… « des personnages officiels viennent saluer le directeur de la Compagnie du Midi, M. Moffre et son escorte : M. Cot, le sympathique maire de Bourg-Madame se présente entouré de son conseil municipal, il y a aussi M. Barrère, le distingué conseiller d’arrondissement, M. Marty, ancien maire, M. Vidal, actuel maire de Puigcerda ».

Quant à Emmanuel Brousse, absent ce jour-là, tous regrettaient qu’il n’assistât pas à cette consécration. « Il ne manquait que votre présence, mon cher Emmanuel, pourtant on a beaucoup parlé de vous. J’ai entendu de braves Cerdans, qui discutaient à propos de lignes fielleuses que vous consacrait hier un de nos confrères. Dites-donc, mon cher Emmanuel, ce sont de bien braves gens vos Cerdans, mais comme ils connaissent peu les polémistes ! ».

Tout Bourg-Madame est venu voir arriver le train. La cour de la gare est bondée de curieux et sur les quais, il est impossible de circuler tant l’affluence est grande. La gare de Bourg-Madame est pavoisée et toutes les voitures, car il y a déjà des services de voitures parfaitement organisés, arborent de petits drapeaux franco-espagnols. L’inauguration du tronçon Mont-Louis Bourg-Madame se fait au milieu de l’enthousiasme général et en grande pompe.

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L’arrivée des officiels : une armée d’ingénieurs, de fonctionnaires des chemins de fer, le directeur de la Compagnie du Midi, M. Moffre, le sous-préfet de Prades, M. Bertin sont accueillis par le maire de Bourg-Madame, M. Cot et son conseil municipal. (photo collection F. Weinberg)

27/06/2011

Cerdagne - Font-Romeu - Le grenat catalan s’allie à l’énergie solaire

La Confrérie « le Grenat de Perpignan » perpétue et protège le seul savoir-faire qui est garant de la qualité du bijou emblématique catalan. S’élevant contre l’apparition de copies moulées fantaisistes, elle a voulu dévoiler au grand jour, par une action symbolique, cette pratique qui vise à tromper les profanes. Sous le thème « Nos doigts d’artisans peuvent travailler en tout lieu », les membres de la confrérie sont venus au four solaire d’Odeillo pour démontrer que leur savoir-faire allie techniques modernes, tradition et écologie.

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Ils étaient une soixantaine de la Confrérie « le Grenat de Perpignan » à venir de la plaine assister à une expérience inédite. Faire fondre de l’or au Grand Four solaire d’Odeillo pour fabriquer un bijou, réceptacle du fameux grenat catalan.

Un savoir-faire ancestral

Les bijoutiers de la Confrérie, répartis sur l’ensemble du département, dénoncent depuis quelques temps la fabrication de copies moulées de ces bijoux fabriquées en série à l’aide de machines et revendues en grande surface et chez certains bijoutiers. Pour le président de la confrérie Jacques Creuzet-Romeu « cette commercialisation usurpe la réputation, l’histoire, le vocabulaire traditionnel et artisanal qui se rattache à nos bijoux, en bafouant la tradition du montage qui est à la base du cahier des charges de fabrication de notre confrérie ». Les membres de la confrérie entendent bien mettre en exergue leur savoir-faire. Après avoir fabriqué des grenats à Tautavel, Argelès, les voilà en montagne mais pas spécialement dans la fraîcheur légendaire de Cerdagne.

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Arrivés en train jaune

Dans la bonne humeur générale, les bijoutiers sont arrivés jusqu’au four solaire d’Odeillo en train jaune. Au four solaire, c’est Serge Chauvin, co-gérant d’Héliodyssée qui a pris en charge le groupe, pressé de voir le bijou sera serti de grenats.jpgaboutir une expérience aussi spectaculaire qu’inédite. C’est au petit four solaire que l’opération s’est déroulée sous les yeux ébaubis des membres de la confrérie. Jean-Michel Calvet, bijoutier à Prades, a monté l’opération technique et a eu la primeur de la fabrication du premier bijou. Lunettes de soudeur obligatoires devant le petit four solaire où la température devient vite intenable. Là, le bijoutier dépose une goutte d’or dans un creuset. Le faisceau des rayons concentrés du soleil fait monter la température à 1060/1080°, température de fusion de l’or. Six petits moules réceptionnent le précieux liquide. En sortiront des bijoux en forme de soleil, bientôt sertis d’un grenat. « Chaque pièce sera vendue au profit d’une association caritative ou humanitaire » nous dit Sylvie Blanc, coordinatrice de l’opération en Cerdagne.

« Les mains des artisans peuvent travailler en tout lieu, pas les machines », une affirmation que peuvent avancer sans conteste ces garants de la tradition qui ont su allier sans difficulté le grenat et les énergies renouvelables.

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La Confrérie « Le Grenat de Perpignan » s’est rendue au Grand Four Solaire d’Odeillo pour sertir ses grenats. Une expérience inédite  au cœur de l’énergie solaire.

10/12/2010

Cerdagne - Font-Romeu - Journées scientifiques et techniques des trains de montagne

L’année 2010 marque les 100 ans du Train Jaune, ligne symbole du Conflent et de la Cerdagne. Historiquement créée pour désenclaver les hauts cantons, cette ligne est désormais la première attraction touristique payante des Pyrénées-Orientales sans pour autant avoir connu d’évolution majeure dans sa configuration, sa gestion ou son exploitation. A la fois Train express régional (TER) et Train touristique, le Train Jaune doit aujourd’hui se moderniser.  Depuis 2009, la Région Languedoc-Roussillon, le Conseil général des Pyrénées-Orientales, le Parc naturel régional des Pyrénées catalanes, la SNCF et Réseau Ferré de France (RFF) se sont engagés dans l’élaboration d’un Schéma directeur pour définir les investissements nécessaires à la pérennité de cette ligne symbolique, et à sa valorisation.

Cette démarche intègre les nécessaires modernisations pour améliorer l’exploitation de la ligne tout en y associant les précautions patrimoniales que suppose l’inscription par la France du Train Jaune sur sa liste indicative auprès de l’UNESCO en 2001, sous le nom de « Chemin de fer de Cerdagne ». C’est dans ce contexte de recherche de scénarii pour les 100 prochaines années, que le Parc naturel régional organise les Journées scientifiques et techniques des trains de montagne. Convaincu que cette problématique est partagée par d’autres territoires. L’échange d’expériences et d’expertises permettra de consolider des pistes, d’en ouvrir de nouvelles et d’impulser une dynamique de réseau.

Confrontation entre modèles français et suisse

Dans le cadre de ses missions d’animation et de recherche scientifique, Le Parc naturel régional des Pyrénées Catalanes propose cet espace d’échanges et de débats pour réfléchir à la problématique suivante : quelle offre proposer pour maintenir et développer les trains de montagne ? Des rencontres scientifiques et techniques qu’il organise en partenariat avec la Région Languedoc-Roussillon, la SNCF et le Conseil général des Pyrénées-Orientales. Cette manifestation s’adresse à tous les gestionnaires, exploitants et scientifiques du secteur ferroviaire, afin de conclure l’année 2010 par une ouverture sur l’avenir.

A partir d’une confrontation initiale entre modèles français et suisse, ces rencontres se déclineront en ateliers afin d’aborder cette interrogation centrale dans ses différentes dimensions : patrimoniales, économiques, organisationnelles, commerciales et territoriales.

Lundi 13 et mardi 14 décembre au Casino de Font-Romeu. Voir programme sur : www.parc-pyrenees-catalanes.fr

 

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